Un été sous le signe de la diversité

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
«L’intérieur de chez Bruant. Le Mirliton» (1886-1887) de Louis Anquetin
Photo: Peter Schälchi «L’intérieur de chez Bruant. Le Mirliton» (1886-1887) de Louis Anquetin

Ce texte fait partie du cahier spécial Été des musées

Depuis 2007, soit depuis que Mme Nathalie Bondil endosse le double rôle de directrice et de conservatrice en chef de l’établissement, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) se distingue sur la scène culturelle par sa programmation très variée et pluridisciplinaire. Cet été, sa proposition ne fera pas exception à la règle : avec « Pompeii » , « Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque» , ainsi que « Partenaires en design : Alfred H. Barr, Jr. et Philip Johnson » , la saison estivale s’annonce riche et diversifiée au MBAM.

Comme c’est le cas chaque année, les touristes devraient être nombreux à visiter le MBAM au cours des prochains mois. « L’été, environ 50 % de nos visiteurs sont des touristes, alors que le reste de l’année, c’est plutôt de l’ordre de 25 % », indique Mme Bondil.

À l’écoute de cette clientèle particulière, la directrice du musée confie qu’aux mois de juin, juillet et août, elle a pris l’habitude de programmer des expositions un peu différentes de celles qu’elle place à l’affiche pendant le reste de l’année.

« Comme le public touristique en est un passager et volatile, il faut l’attraper avec des propositions qui l’interpellent rapidement, explique la directrice du musée. L’été, on prévoit donc des expositions qui répondent à ce critère. »

Le MBAM étant ces jours-ci en pleine métamorphose — d’importants travaux d’agrandissement sont en cours —, Mme Bondil a choisi de se concentrer sur trois expositions phares pour attirer le public cet été.

« L’idée, c’était de travailler sur des projets forts qui puissent permettre au musée de continuer à connaître un succès public, précise-t-elle. C’est pour cette raison que nous avons misé sur Pompeii, Toulouse-Lautrec et Partenaires en design. »

Pompeii : jusqu’au 5 septembre

Lancée en février dernier, l’exposition Pompeii que présente le MBAM connaît un immense succès. Mettant en lumière plus de 220 artéfacts archéologiques en tout genre — mosaïques, objets de la vie quotidienne, fresques, statues de bronze et de marbre, etc. —, elle propose une incursion au coeur d’une des plus mystérieuses cités de l’Empire romain.

Il faut savoir que Pompéi, fondée au VIIe siècle av. J.-C. par les Osques puis devenue colonie romaine sous l’Empire au Ier siècle av. J.-C., fut complètement engloutie lors de l’éruption du Vésuve en l’an 79. Préservée des intempéries et des pillages grâce à l’épaisse couche de sédiments volcaniques qui la recouvrit, elle sombra dans l’oubli pendant plus de quinze siècles. Redécouverte au XVIIIe siècle dans un état de conservation admirable, elle est depuis un objet de grande curiosité.

Explorant divers thèmes, comme ceux de la vie publique et de la vie privée par exemple, l’exposition consacrée à Pompéi que propose le MBAM aborde autant les coutumes locales et religieuses qui avaient cours à l’époque de l’éruption du Vésuve que l’art de vivre au quotidien de ses habitants. Il y est notamment question d’amour, de jeu, de vin et de beauté.

Quant à la scénographie de l’exposition, qui a été réalisée en collaboration avec l’atelier d’architecture In Situ, Uniform, Graphics eMotion et la designer Lysanne Pépin, elle se veut particulièrement immersive et plonge les visiteurs dans un environnement multisensoriel.

« L’expérience de l’installation est exceptionnelle, remarque la directrice du MBAM. C’est une exposition qui est très belle et qui, sur le plan de la scénographie, répond aux nombreuses attentes des visiteurs. Elle plaît aux gens de tous âges et s’adresse autant au public d’ici qu’aux visiteurs étrangers. »

Partenaires en design : jusqu’au 21 août

À l’affiche depuis le 19 avril dernier, l’exposition Partenaires en design : Alfred H. Barr, Jr. et Philip Johnson relate l’importante collaboration qui fut celle du premier directeur du Museum of Modern Art de New York et du premier conservateur d’architecture de l’institution muséale.

« C’est une exposition qui traite notamment de l’introduction de la modernité en Amérique, mais aussi de l’amitié qui unissait ces deux visionnaires qui ont été des ambassadeurs du modernisme », note Mme Bondil.

Comportant de nombreux documents d’archives et plus d’une soixantaine d’objets, dont des textiles, des produits du design industriel, de la céramique et du mobilier, elle retrace les origines du design moderne issu du Bauhaus allemand.

Fort originale, sa scénographie s’appuie en partie sur une technologie numérique multiplateforme. « L’expérience scénographique que Philippe Baylaucq a mise au point est vraiment intéressante, relève la directrice du MBAM. Il a utilisé l’autostéréoscopie pour recréer des appartements en trois dimensions. L’illusion est saisissante et vaut le détour. »

Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque : du 18 juin au 30 octobre

Rappelant une période où Paris était en pleine effervescence, l’exposition Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque révélera au grand public l’une des plus importantes collections particulières d’estampes et d’affiches du célèbre artiste français.

Regroupant près d’une centaine d’oeuvres, dont des tirages uniques ou très rares, l’exposition couvrira presque la totalité de la production lithographique de Toulouse-Lautrec entre 1891 et 1899.

Quelques oeuvres de Théophile Alexandre Steinlen et Louis Anquetin, des proches de l’artiste, seront aussi exposées.

« Il y aura notamment un tableau qui sera montré pour la première fois, signale Mme Bondil. C’est une oeuvre d’un compagnon de Toulouse-Lautrec qui s’appelle Louis Anquetin. La peinture porte le titre L’intérieur de chez Bruant. Le Mirliton. Il s’agit d’un portrait de Lautrec avec des amis. C’est un grand tableau que l’on pensait disparu, mais qui a été retrouvé et que nous allons révéler. »

Un plancher de danse pour la saison chaude

En plus de ses expositions, le MBAM a prévu une kyrielle d’activités pour attirer les visiteurs pendant la saison chaude. Notamment, dès le 31 mai, l’avenue du Musée sera transformée en promenade piétonne. Entièrement recouverte de traces de pas dorées, sa chaussée festive invitera les promeneurs à la danse. À quelques reprises pendant l’été, des événements spéciaux y seront tenus et permettront au public de profiter pleinement du Jardin de sculptures du musée.

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