Blague à part

A lamp made by the artist for his wife (sixty third attempt), Ryan Gander
Photo: Ryan Gander, avec l'aimable permission de l'artiste et Johnen Galerie A lamp made by the artist for his wife (sixty third attempt), Ryan Gander

C’est drôle et ça ne l’est pas. Quand l’art contemporain s’empare de l’humour, à moins que ce soit l’inverse, ce n’est pas nécessairement pour rire. Avec tout le sérieux du monde, le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) se propose d’éclairer les liens qui unissent son univers à l’art du rire. Et ça débute en ce 1er avril, jour de la farce.

« On voit l’humour comme un outil pour différents usages », dit Mark Lanctôt, conservateur au MAC et coorganisateur, avec sa collègue Julie Bélisle, responsable de l’action culturelle, du colloque Sans blague/No Joke. La question de l’humour en art contemporain. « L’humour peut servir d’échappatoire, comme porter un regard incisif sur la réalité, à la fois [sur celle] de l’industrie culturelle comme [celle] de l’art contemporain et de sa mécanique. »

L’événement Sans blague/No Joke est le dixième colloque international Max-et-Iris-Stern, qui prend place chaque printemps au MAC depuis 2006. Il réunira autour de la table des gens issus de deux sphères supposément éloignées.

Parmi les conférenciers annoncés figurent des chercheurs universitaires, comme Dominic Hardy, du Département d’histoire de l’art de l’UQAM, et des diplômés de l’École nationale de l’humour, tels que Mélanie Couture, du collectif Les filles de l’humour, et Fred Dubé, auteur du billet C’t’une vraie joke, dans le journal Le mouton noir.

Des invités étrangers sont aussi attendus, en provenance d’universités, de musées ou de médias de la France et des États-Unis, ainsi que des artistes, parmi lesquels Casey Jane Ellison. La Californienne de 28 ans est une figure emblématique de cette nouvelle tendance dite « comédie expérimentale », qui mélange stand-up et art de la performance. Ce sont des cas comme celui-là qui ont sonné une cloche chez Mark Lanctôt pour l’inciter à organiser une réflexion sur les formes drôles en art actuel.

« Il y a beaucoup d’artistes qui incarnent la figure du stand-up comic, reconnaît-il. Cette nouvelle mutation est une porte d’entrée pour s’ouvrir au sujet de l’humour et se pencher sur lui de façon plus sérieuse. »

Dans un festival comme Fringe Montréal, il a vu des « choses bizarres », qu’il qualifie de « zones grises » entre les mondes du rire et de l’art. Dans la très sérieuse revue ArtForum, il a déjà remarqué que, lorsque Montréal est cité, c’est à travers la couverture de Juste pour rire.

« Dans un monde qui carbure autant sur le divertissement, c’est normal, note Mark Lanctôt, que l’humour soit partout, même si c’est pour rire jaune. En fait, aucun humour, c’est plutôt rare. »

Les conférences prendront place samedi. Le colloque sera cependant lancé vendredi. L’allocution d’ouverture, intitulée « Le rire de l’artiste », sera donnée par Alain Vaillant, professeur de littérature française à Université Paris-Ouest. Suivra ensuite le volet spectacle, avec une soirée stand-up, organisée avec l’École nationale de l’humour et animée par Christopher Hall. On y entendra les blagues de Casey Jane Ellison, de Philippe-Audrey Larrue-Saint-Jacques, d’Anas Hassouna et de Fred Dubé.

Sans blague/No Joke

Musée d’art contemporain de Montréal (185, rue Sainte-Catherine Ouest)

La question de l’humour en art contemporain

1er et 2 avril.

1 commentaire
  • Bernard Morin - Abonné 1 avril 2016 09 h 57

    Sans blague\No joke! Bonjour! Hi!