Entre danger et évasion

«Entre terre et ciel», une œuvre de Jean-Pierre Morin devant le centre d’art 1700 La Poste, dans Griffintown.
Photo: Source 1700 La Poste «Entre terre et ciel», une œuvre de Jean-Pierre Morin devant le centre d’art 1700 La Poste, dans Griffintown.

En 2008, Jean-Pierre Morin a érigé la sculpture Trombe au pied du Musée national des beaux-arts du Québec.

Et il y a quelques jours, c’était l’oeuvre Entre terre et ciel qui se dressait devant le centre d’art 1700 La Poste, dans Griffintown. Ce sont deux oeuvres qui participent du même élan de l’artiste, témoignant, selon la propriétaire du centre d’art, Isabelle de Mévius, de sa quête de « l’immatériel, de l’évanescent, de l’appel au transcendantal ».

Jean-Pierre Morin avait déjà semé son oeuvre d’art public en territoire montréalais, entre autres devant la Grande Bibliothèque.

Photo: Source 1700 La Poste «Entre terre et ciel», une œuvre de Jean-Pierre Morin devant le centre d’art 1700 La Poste, dans Griffintown.

Son travail est présentement l’objet d’une vaste exposition au 1700 La Poste, centre d’art fondé en 2013 dans un ancien bureau de poste construit en 1913.

Cette exposition compte notamment des dessins resurgis des années qui ont suivi la formation de l’artiste. Lorsqu’il a fait ces dessins, « le but était de ne pas réfléchir, de ne pas essayer de faire un dessin, explique Jean-Pierre Morin en entrevue. Lorsque je me surprenais à essayer de faire un dessin, je changeais de direction ». « Le procédé donnait des images surprenantes. Je ne savais pas ce que j’allais dessiner. Je n’avais jamais montré ces dessins-là », dit-il.

La structure dans le désordre

Aujourd’hui, l’artiste réalise l’impact que cette démarche a eu sur son oeuvre, dans laquelle le « désordre » crée la structure, dit-il.

Lorsqu’il a conçu l’oeuvre qui orne la Grande Bibliothèque, par exemple, il a ainsi veillé à n’y intégrer ni lignes perpendiculaires ni lignes parallèles.

L’exposition du 1700 La Poste compte aussi quatre oeuvres inédites de Jean-Pierre Morin, dont trois conçues spécifiquement pour l’occasion.

L’une d’elles propose une série de huit blancs et de miroirs parfaitement alignés, puis un neuvième qui sort du rang.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue, intitulé Entre terre et ciel, qui retrace le parcours de l’artiste depuis son enfance, à travers une longue entrevue accordée à l’historien de l’art Dany Quine.

« Je pense entre autres que la peur contribua, chez moi, à nourrir mon imaginaire. En fait, je crois que ceux qui sont peureux ont beaucoup d’imagination », dit-il.

D’où, peut-être, ces oeuvres à mi-chemin entre la tornade et la montgolfière, qui évoquent à la fois le danger et l’évasion.

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