Pour une relance des Jardins du précambrien

René Derouin, à droite, photographié lors du Symposium de 2013 en compagnie de Marie-Claude Cossette, administratrice (à gauche), et de Chloë Charce, commissaire invitée lors de cette édition de l’événement
Photo: Roger Lemoyne René Derouin, à droite, photographié lors du Symposium de 2013 en compagnie de Marie-Claude Cossette, administratrice (à gauche), et de Chloë Charce, commissaire invitée lors de cette édition de l’événement

Une centaine de personnalités québécoises du monde des arts, dont Robert Lepage, Denys Arcand et Michel Dallaire, souhaite assurer la succession et la pérennité des Jardins du précambrien, fondés il y a une vingtaine d’années par l’artiste René Derouin, à Val-David, ainsi que le Symposium annuel qui s’y déployait.

À l’automne dernier, René Derouin a en effet annoncé qu’il se retirait de la direction artistique et de la programmation de l’événement « pour revenir à sa création comme artiste ». Il annonçait également que l’organisme avait pris la décision de « suspendre ses activités et de ne plus tenir de symposiums ».

Or, dans une lettre publiée dans le Devoir d’aujourd’hui, de nombreux artistes ayant participé, de diverses façons, aux activités du symposium depuis vingt ans, se sont regroupés pour tenter d’assurer la continuité des Jardins et de leurs activités culturelles. Ils mentionnent le caractère résolument multidisciplinaire de ce festival, qui convoquait en pleine forêt des artistes en art visuel, des poètes, des musiciens, mais aussi des géographes, des historiens de l’art, voire des politiciens.

Retombées

Les artistes mentionnent entre autres « le soutien public toujours insuffisant et incertain » qui a marqué l’histoire des Jardins ces dernières années. Selon l’écrivain Pierre Nepveu, qui a piloté le projet de lettres, le festival aurait notamment perdu une importante subvention du Conseil des arts et des lettres du Québec. Avec un budget de quelque 350 000 $, écrivent les signataires, l’événement attirait dans la région des retombées de deux millions et demi de dollars.

En fait, les Jardins du précambrien se situent sur un terrain appartenant à M. Derouin et sur lequel est aussi située sa maison. Ce dernier a veillé au grain à son déroulement depuis le début, alors que Gaston Miron y a été le premier poète invité.

« Il s’agit d’abord d’un territoire forestier de cinquante acres, parsemé de rochers précambriens où quatre kilomètres de sentiers ont été aménagés. Le long de ceux-ci, des artistes des trois Amériques exposent chaque été selon le concept d’art in situ, utilisant en partie au moins les matériaux de la forêt. En outre, depuis sa création, le Symposium a accueilli chaque été un musicien et un poète, et des agoras consacrées à leurs activités respectives animent le parcours »,expliquent les artistes.

Selon l’écrivain Pierre Nepveu, René Derouin et sa femme appuient leur démarche. Ils ne se sont cependant pas prononcés quant à qui pourrait assurer la relève de l’événement.

Des pourparlers ont déjà été entrepris dans le passé, entre autres avec le Musée des beaux-arts de Montréal, pour la formation d’un certain partenariat, mais pour l’instant, le tout est resté sans suite, explique Pierre Nepveu. Il faut dire que l’ensemble des Jardins du précambrien est intimement lié à l’oeuvre de René Derouin, qui poursuit une importante réflexion sur la notion de territoire. L’endroit a accueilli, outre de nombreux Québécois, des artistes du Mexique, du Pérou, du Brésil et d’ailleurs au Canada.

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