Pompéi comme si vous y étiez

Des artefacts provenant du site de la ville de Pompéi
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Des artefacts provenant du site de la ville de Pompéi

Il y a 2000 ans, dans les rues de Pompéi, les passants pouvaient s’arrêter quelques instants pour acheter un lunch, auprès d’un feu en plein air qui chauffait ce que l’on considère comme les premiers restaurants à service rapide.

Puis, ils retournaient vaquer à leurs occupations, ou, lorsqu’ils étaient plus fortunés, se reposer dans leurs villas, dont les atriums étaient décorés d’oeuvres d’art.

C’est ce qu’on apprendra, à partir du 6 février prochain, en visitant l’exposition Pompéi, une ville romaine, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal.

Expérience immersive

On veut faire de cette visite une expérience immersive, c’est-à-dire qu’on tentera de recréer l’atmosphère d’une rue de Pompéi, ou du jardin d’une de ses villas, en utilisant, en plus des artefacts, un accompagnement visuel et sonore.

Les artefacts, quant à eux, proviennent tous du site de la ville de Pompéi, ensevelie, par une journée de l’an 79 après Jésus-Christ, sous des mètres de débris charriés par l’éruption du volcan Vésuve.

On le sait aujourd’hui, 10 % des habitants de cette ville de quelque 15 000 habitants ont péri dans le désastre, soit brûlés vifs par la lave bouillante du Vésuve, soit assommés par des objets ou des structures d’habitations qui ont volé en éclat sous le choc. Paradoxalement, ces débris de volcan ont permis la conservation exceptionnelle du site.

Pour l’occasion, Montréal reçoit la visite de Stefano Vanacore, directeur du laboratoire du site archéologique de Pompéi. M. Vanacore y a effectué de récents travaux, entre autres sur l’ADN des squelettes retrouvés. Il présentera un documentaire sur ses recherches.

« Il est très difficile d’analyser l’ADN de corps aussi anciens », disait-il mardi en entrevue. Il tente par exemple d’établir si les membres de ce qu’on croit être une famille, retrouvés à proximité les uns des autres, étaient vraiment apparentés.

Les moules de cette famille, dont la mère porte un bracelet en or, font partie de l’exposition de Montréal.

Les travaux effectués à ce jour sur les squelettes de Pompéi montrent par ailleurs que les habitants de cette ville, qui vivaient 2000 ans avant nous, avaient de très bonnes dents, entre autres parce que leur diète était très faible en sucre. Ils étaient plus petits, et leur espérance de vie tournait autour de 40 ans.

La fameuse éruption a aussi permis de conserver, à l’état pétrifié, une miche de pain vieille de 2000 ans, qu’on pourra voir à Montréal.

L’exposition présente aussi une série d’oeuvres jugées érotiques par les autorités italiennes au moment de la découverte du site, au XVIIIe siècle. Ces oeuvres avaient été regroupées dans un cabinet secret, jusqu’à ce que l’on accepte finalement de les montrer au grand jour, autour de l’an 2000.

1 commentaire
  • Jean-Hugues Roy - Abonné 27 janvier 2016 22 h 10

    Précision pour les mordus d'histoire

    Selon l'Encyclopedia Universalis...Grâce au récit de Pline, les phases de l'éruption, qui se sont déroulées sur une durée de 48 heures, peuvent être restituées avec précision. La première phase majeure, dite plinienne, est constituée d'une pluie de cendres et de ponces depuis le panache volcanique, formant une sorte de haut champignon. La seconde phase correspond à celle des nuées ardentes, qui se succèdent de façon dévastatrice ; ce sont de véritables avalanches de cendres et de fragments qui dévalent les pentes du volcan, et dont l'une frappe de plein fouet Pompéi. Les habitants qui n'ont pas fui suffoquent alors sous l'effet de l'intense chaleur et des gaz ou périssent sous les toitures écroulées. À la fin de l'éruption, l'épaisseur des dépôts pyroclastiques (provenant de roches magmatiques) atteint environ quatre mètres. Sur la superficie fouillée de Pompéi, les corps de 1 150 victimes ont été découverts, auxquels s'ajoutent 250 autres dans les zones suburbaines. Il est difficile d'estimer avec précision la population de Pompéi, évaluée entre 10 000 et 15 000 habitants. La plupart auraient donc eu le temps de fuir au moment de la première phase de l'éruption.