Les aurores boréales comme si vous y étiez

«Aurorae» éblouit le spectateur par ses splendides lumières semblables à des rideaux moirés qui ondulent, virevoltent.
Photo: Source Planétarium Rio Tinto Alcan «Aurorae» éblouit le spectateur par ses splendides lumières semblables à des rideaux moirés qui ondulent, virevoltent.

Être témoin d’aurores boréales dans le sud du Québec est un événement extraordinaire qui suscite l’émerveillement. Le nouveau spectacle immersif Aurorae, qui prend l’affiche aujourd’hui au Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal, nous permet de vivre cette grande émotion pendant plus de 30 minutes grâce à des images spectaculaires captées à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest par une équipe du planétarium, et à une musique palpitante de DJ Champion.

En mars 2015, Sébastien Gauthier et Loïc Quesnel débarquaient à Yellowknife avec la caméra haute résolution à très grand champ de vision mise au point par Sébastien Gauthier. Les deux astronomes du planétarium passèrent dix nuits consécutives à filmer les aurores boréales qui illuminaient le ciel noir de cette région du Nord canadien où le mercure atteint -38 °C. Ils revinrent avec des images à couper le souffle, qui sont devenues le matériau de base du spectacle Aurorae, conçu par le cinéaste Philippe Baylaucq et Sébastien Gauthier et mis en musique par Maxime Morin, alias DJ Champion.

Spectacle envoûtant

 

Présenté dans le théâtre de la Voie lactée, Aurorae éblouit le spectateur par ses splendides lumières semblables à des rideaux moirés qui ondulent, virevoltent, voire valsent au rythme d’une musique parfois endiablée, parfois fantomatique. À travers ce spectacle envoûtant, un animateur scientifique nous dévoile comment se forment ces phénomènes atmosphériques énigmatiques.

On apprend d’abord que ces lumières vaporeuses prennent naissance dans la très haute atmosphère, à une altitude de 100 à 400 km. « À une altitude de 100 km, nous sommes officiellement dans l’espace, mais il reste encore quelques molécules d’azote, d’oxygène, d’hydrogène et d’hélium », souligne l’animateur Loïc Quesnel. Or, le soleil, cette boule de gaz en ébullition, éjecte dans l’espace des particules électriquement chargées, dont certaines entreront en collision avec les molécules de gaz qui subsistent dans la haute atmosphère. Ces collisions entraînent la libération d’énergie sous forme lumineuse.

« Chaque molécule, chaque atome a sa propre signature, sa propre couleur. Les molécules d’oxygène qui sont situées à 10 km d’altitude génèrent du vert », explique-t-il. Quand l’activité solaire est très intense, il arrive que les particules solaires réussissent à casser en atomes les molécules d’oxygène qui se trouvent à 300 km d’altitude. Ces atomes d’oxygène excités émettent alors du rouge. Le rose quant à lui est dû à des collisions avec l’azote, le gaz le plus commun dans l’atmosphère. Le bleu et le mauve sont produits pour leur part par l’hydrogène et l’hélium.

Symétrique

 

Des images captées de la station spatiale internationale, qui gravite au milieu des aurores boréales à 400 km d’altitude, font également partie du spectacle projeté sur la voûte du planétarium. Ces images nous confirment que ces phénomènes lumineux se produisent de façon symétrique et simultanée au-dessus des pôles magnétiques.

Grâce à la magie des images de synthèse, les réalisateurs du film nous font aussi voir l’invisible, soit la génération du champ magnétique terrestre, puis la façon dont ce dernier canalise les particules solaires vers les pôles magnétiques, où elles rencontreront les molécules de gaz de l’atmosphère. En révélant le secret de ces magnifiques spectres multicolores qui inondent le ciel étoilé, les trois créateurs ont relevé avec brio le défi de « marier art, science et émotion » et de nous rapprocher des beautés de la nature, comme le leur avait demandé Charles-Mathieu Brunelle, directeur d’Espace pour la vie.

Pourquoi Yellowknife?

Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest est un lieu de prédilection pour observer les aurores boréales dans toute leur splendeur. Même s’il y a autant d’aurores boréales que d’aurores australes, il y a moins d’humains qui peuvent observer les aurores australes, car elles surviennent essentiellement au-dessus de l’océan et de l’Antarctique. De plus, le Nord magnétique, point d’émergence des aurores boréales, ne coïncide pas exactement avec le pôle Nord géographique. Il se trouve à proximité des Territoires du Nord-Ouest. C’est pourquoi les gens viennent du monde entier pour observer les aurores boréales sur le bord du Grand lac des Esclaves, près de Yellowknife.