Le Musée McCord-Stewart souhaite déménager dans un nouvel édifice

Le Musée McCord, fondé en 1921 par David Ross McCord, est installé dans un immeuble de la rue Sherbrooke qui appartient à l’Université McGill.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le Musée McCord, fondé en 1921 par David Ross McCord, est installé dans un immeuble de la rue Sherbrooke qui appartient à l’Université McGill.

Les musées McCord et Stewart, qui ont fusionné en 2013, cherchent un site, idéalement dans le Quartier des spectacles, pour construire un tout nouveau musée qui pourrait abriter les collections réunies des deux institutions.

C’est ce que Monique Jérôme-Forget, la présidente du conseil d’administration du Musée McCord-Stewart, a révélé mardi, en marge d’une table ronde organisée par le CORIM (Conseil des relations internationales de Montréal) sur les musées montréalais, à laquelle elle participait.

L’idée, c’est de « construire un nouveau musée », dit-elle. « On a une collection [celle du Musée Stewart] qui est à l’île Sainte-Hélène et une collection au Musée McCord. Ça fait deux ans qu’on a fusionné. Il faudrait qu’on mette nos deux collections ensemble, et on ne peut pas là où on est, sur Sherbrooke. »

Persévérer

L’ancienne présidente du Conseil du trésor du gouvernement du Québec évalue à « plus de 100 millions » les coûts qu’entraînerait un tel projet. Elle entend poursuivre des demandes auprès des deux ordres de gouvernement pour mener à bien le projet, ainsi qu’auprès du secteur privé. « Cela demande des investissements dans les infrastructures. Avec l’arrivée du Parti libéral fédéral qui dépense dans les infrastructures, ça va peut-être aider », a-t-elle dit. Au sujet de son propre Parti libéral provincial, elle a reconnu qu’il était « plutôt chiche » par les temps qui courent. « C’est pour ça qu’il faut persévérer », a-t-elle dit.

« On pourrait toujours garder les deux édifices, mais c’est très coûteux. En matière d’administration, c’est plus coûteux d’avoir deux édifices », poursuit-elle.

« Je n’ai pas d’échéancier » pour la réalisation de ce projet, dit Mme Jérôme-Forget, « je suis à la merci des gouvernements. » S’il est vrai que le site du Musée Stewart, sur l’île Sainte-Hélène, est magnifique, l’endroit n’attire pas beaucoup de visiteurs, pas plus de 15 000 par année. Le Musée McCord, rue Sherbrooke, reçoit pour sa part des centaines de milliers de visiteurs par année.

Le Musée Stewart a été fondé en 1955 par David Macdonald Stewart et est présentement logé dans un ancien dépôt militaire britannique fortifié de l’île Sainte-Hélène. Le musée McCord, fondé en 1921 par David Ross McCord, est pour sa part installé dans un immeuble de la rue Sherbrooke qui appartient à l’Université McGill.

Il y a plusieurs mois, un document avait circulé en interne au Musée McCord évoquant la création possible d’un nouveau musée, qui aurait été construit dans l’espace de stationnement compris entre l’avenue du Président-Kennedy et le boulevard De Maisonneuve, et entre les rues De Bleury et Jeanne-Mance. Ce nouveau musée aurait repris la mission historique du Musée McCord, mais aurait été désigné davantage comme un musée montréalais.

Même mission

La mission du nouveau musée demeurerait fondamentalement la même, expliquait mardi Mme Jérôme-Forget, qui rappelle que les collections amérindienne, française et anglaise ainsi que la collection Notman du Musée McCord en font sa particularité.

Lors de la table ronde, qui réunissait aussi les présidents des conseils d’administration des musées Pointe-à-Callière, du Musée d’art contemporain et du Musée des beaux-arts de Montréal, Mme Jérôme-Forget a dit ne pas avoir reçu tant de demandes des différentes institutions muséales, alors qu’elle dirigeait le Conseil du trésor du Québec. Elle a par ailleurs relevé la nécessité pour Montréal d’avoir un musée phare, qui attire des visiteurs à Montréal par sa seule présence. Le président du conseil d’administration du Musée des beaux-arts, Brian Levitt, disait par ailleurs que le tiers des visiteurs de ce musée venait de l’étranger, et que le tiers de ce tiers était venu à Montréal spécifiquement pour aller au MBAM.

La discussion, animée par Marie-France Bazzo, a aussi porté sur le financement mixte des musées, dont les budgets proviennent à la fois de collectes privées et des fonds publics. Alexandre Taillefer, président du conseil d’administration du Musée d’art contemporain, a fait valoir que l’État ne devrait pas se retirer dès qu’une institution muséale devient plus autonome. Monique Jérôme-Forget a noté que les musées européens s’appuient presque entièrement sur du financement public, tandis que les musées américains sont plutôt financés par le privé.

Fondé en 1955 par David Macdonald Stewart, le Musée Stewart est présentement logé dans un ancien dépôt militaire britannique fortifié de l’île Sainte-Hélène. 

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir
«L’idée, c’est de «construire un nouveau musée. On a une collection [celle du Musée Stewart] qui est à l’île Sainte-Hélène et une collection au Musée McCord. Ça fait deux ans qu’on a fusionné. Il faudrait qu’on mette nos deux collections ensemble, et on ne peut pas là où on est, sur Sherbrooke.»

La présidente du conseil d’administration, Monique Jérôme-Forget

Photo: CORIM
1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 21 octobre 2015 03 h 46

    Les clés du bus...

    Il y aurait bien eu le site historique des Tanneries, à Saint-Henri, pour une question symbolique de continuité d'occupation d'un sol rempli d'histoire, mais je pense qu'un autre projet moins positif mémoriellement s'en est réservé l'usage...
    En plus que la chose aurait eu pour donner un coup de renouveau à un secteur qui en a vraiment bien besoin ! Ne serait-ce qu'en terme de fréquentation culturelle et éducative.

    Mais bon, quand on accepte de donner les clés de l'autobus du Québec à des deux de piques, il ne faut pas s'attendre à autre chose que de voir stopper celui-ci à mi-chemin de là où les passagers trouvent intérêt à en descendre ou y monter. Et cela, en particulier lorsque le trajet du bus en question est justifié et pertinent, comme l'est devenu le déménagement de ce musée si exceptionnel, qu'il mérite mieux que les espaces limités dont il dispose depuis sa création (bien qu'il me semble me rappeler qu'ils ont été plus d'une fois remaniés et agrandis)...

    Tourlou !