Le rendez-vous précambrien

Une œuvre du parcours 2014 signée Caroline Cloutier
Photo: Michel Dubreuil Une œuvre du parcours 2014 signée Caroline Cloutier

Quand juillet se pointe, c’est qu’est venu le temps, à Val-David, du rendez-vous artistique en forêt. C’est ainsi depuis 20 ans, gracieuseté de la Fondation Derouin.

Beau temps, mauvais temps, maringouins en sus et coups de soleil en moins (grâce aux arbres bien fournis), les Jardins du précambrien sont une destination à privilégier. Entre deux saucettes dans le lac, bien sûr.

Le rendez-vous prend la forme d’une exposition en plein air. En pleine forêt, plutôt. Les Jardins du précambrien, c’est un site aménagé au fil des ans par l’artiste René Derouin sur sa propriété à flanc de montagne. Il a fait pousser des sentiers en tout respect de la végétation, et c’est autour d’eux que se découvrent les sculptures du Symposium international d’art-nature.

À vélo

Ce mélange d’art et de nature peut être doté, en amont, de sa composante randonnée cycliste. Pour se rendre aux Jardins du précambrien, pourquoi ne pas enfourcher un deux-roues ? Les plus aguerris pourraient décider de quitter le chalet et emprunter la piste du Petit Train du Nord, qui traverse Val-David. De là, du croisement de la piste cyclable et de la rue de l’Église, ce sont à peine 3,6 km qu’il faut pédaler pour atteindre la Fondation Derouin.

La dénivellation est cependant importante, dès les premiers mètres, pour sortir du centre-ville, mais surtout en fin de parcours. Le lieu du rendez-vous n’est-il pas situé sur la « montée » Gagnon ?

Sachez quand même que le Symposium n’impose pas un tel effort. L’endroit possède un vaste stationnement et il n’y a pas d’abus à prendre la voiture.

La marche en forêt, elle, est inévitable. Et malgré l’escalier qu’il faut emprunter pour descendre dans l’aire d’exposition, et qui paraîtra interminable aux plus petits pieds lorsqu’il faudra remonter, c’est une vraie balade de plaisance qui attend les visiteurs.

L’art

D’un été à l’autre, la qualité est variable dans ce symposium dit international, quoique très orienté sur l’axe américain — celui qui mène jusqu’à la Terre de Feu.

La quantité, elle, est à la hausse. Beaucoup des sculptures créées sur place n’ont hérité d’aucune plante éphémère. Il est encore possible d’en voir certaines réalisées à compter de 2005. L’édition 2014 s’y trouve presque en totalité.

Les nouvelles oeuvres pour ce Symposium 2015, ce sont celles que sept artistes dévoilent samedi. Aux trois Québécois invités (Joëlle Morosoli, Richard Purdy, Giorgia Volpe) se greffent des gens de la Colombie-Britannique (Lea Bucknell), du Mexique (Minerva Ayón), d’Haïti (Damas Porcena) et du Pérou (Carlos Runcie Tanaka).

Les sculpteurs auront travaillé le thème de « l’américanité », proposé par la commissaire Andrée Matte, autrement conservatrice au Musée d’art contemporain des Laurentides.

Des volets musique et poésie complètent chaque édition de l’événement multidisciplinaire. Le compositeur Alain Lalonde et le poète Jean-Paul Daoust en sont les représentants cette année.

Des conférences et des récitals rythmeront les samedis de juillet et d’août. Le Symposium, qui se visite du jeudi au dimanche, court cependant jusqu’au 12 octobre.