Nouveau sursis pour La Joute

La sculpture-fontaine La Joute bénéficie d'un nouveau sursis de plusieurs mois. Le Quartier international (QI) a en effet demandé et obtenu le report à avril prochain des audiences concernant le possible démantèlement de l'oeuvre de Jean-Paul Riopelle.

En novembre 2002, le QI contestait un règlement voté un mois plus tôt par le conseil d'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Ce règlement assimile le démantèlement de La Joute à une démolition. Une ordonnance de la Cour supérieure, datée de la mi-octobre 2003, autorisait le maintien de la sculpture aux abords du Vieux-Montréal pour un maximum de trente jours. Un premier sursis avait permis de reporter l'échéance à la fin décembre. C'est cette date fatale qui vient à nouveau d'être déplacée.

Selon le directeur du QI, la nouvelle entente devrait permettre de régler le litige pour de bon. «Les négociations se poursuivent dans un esprit positif, et j'espère en arriver à une entente définitive avec l'arrondissement au cours du mois», dit Clément Demers, interviewé hier.

L'impression demeure la même du côté de la ville. «Les échanges se déroulent dans un esprit très positif», commente Claire Bourassa, chargée des communications pour Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. L'arrondissement espère négocier une entente globale pour rendre acceptable le déménagement de La Joute dans le Quartier international. De plus, seule une entente entre les parties pouvait faire en sorte que la période initiale de trente jours imposée par la Cour supérieure soit de nouveau repoussée.

La sculpture comprend des jets d'eau et des flammes. Normalement, les éléments de bronze et leur bassin en granit doivent résister à la neige et au froid. Maintenant, la partie centrale de l'oeuvre est entreposée sur place. Les huit pièces l'entourant ont été démontées et rangées au Centre des collections nouvellement inauguré.

L'imbroglio entourant cette oeuvre monumentale perdure depuis des années. L'oeuvre de bronze a croupi pendant un quart de siècle dans un coin isolé du Parc olympique. L'oeuvre n'avait pas été entretenue et elle s'était considérablement détériorée. Le projet de Riopelle d'y mêler des flammes n'avait jamais abouti.

Le Musée d'art contemporain de Montréal, propriétaire de La Joute, a autorisé le transfert des bronzes au centre-ville il y a plus de deux ans. Des citoyens du quartier de l'est de Montréal ont aussi tenté d'empêcher le transfert de l'oeuvre. Le Comité SOS La Joute a fait circuler une pétition et a multiplié les interventions auprès des élus.