Sophie Calle et Simon Starling pour lancer 2015

David Altmejd, «The Flux and The Puddle», 2014
Photo: James Ewing David Altmejd, «The Flux and The Puddle», 2014

C’est avec une méditation sur la vue et sur la cécité de l’artiste française Sophie Calle, et une réflexion de l’Anglais Simon Starling sur la métamorphose que le Musée d’art contemporain lance sa programmation de l’année 2015, le 5 février prochain.

Poursuivant un travail sur la cécité entamé alors qu’elle demandait à des aveugles de naissance quelle était la chose la plus belle pour eux, Sophie Calle a interrogé cette fois des gens devenus aveugles d’un seul coup au sujet de la dernière image qu’ils ont vue. Au cours d’une recherche effectuée dans la ville maritime d’Istanbul, elle a aussi capté le regard de citoyens de la ville qui regardaient la mer pour la première fois.

Métamorphoses

De son côté, Simon Starling présente, avec Métamorphologie, des créations ayant subi des métamorphoses, tel ce bateau muni d’un poêle à bois qui s’autoconsume en se chauffant de son propre bois. Ces oeuvres, explique le directeur du musée, John Zeppetelli, proposent à la fois une réflexion sémantique, historique, anthropologique et archéologique sur ces objets. Réflexion sur le capitalisme, une autre oeuvre, The Long Ton, compare le poids du marbre italien, beaucoup moins lourd que le marbre chinois, mais de valeur marchande comparable.

Pour demeurer dans le thème du commerce, le Musée d’art contemporain présente, à partir de mercredi jusqu’au 15 mars, un film d’Allan Sekula et de Noël Burch, The Forgotten Space, qui propose une réflexion sur le thème des conteneurs, cet outil de transport inventé dans les années 1950. L’espace oublié ici nommé, c’est l’océan sur lequel circulent 100 000 navires, soit 90 % du commerce mondial.

À compter du 28 février, sur le thème Nouveautés et autres obsessions de la collection du MAC, le musée présentera quelques-unes de ses acquisitions récentes, dont Broken Memory, de Geneviève Cadieux, et Vault, une oeuvre de l’artiste allemand Thomas Demand, qui réfère à une photographie du New York Times. Geneviève Cadieux s’est également vu confier la mission de sélectionner et de présenter elle-même une exposition à partir des 7800 oeuvres du musée, dès le 2 avril 2015.

Rétrospective

Élément majeur de la programmation du Musée d’art contemporain, l’exposition Flux présentera l’été prochain une rétrospective des oeuvres de l’artiste montréalais exilé à New York David Altmejd, conçue et réalisée en collaboration avec le Musée d’art moderne de la ville de Paris. M. Zeppetelli évoque entre autres une oeuvre récente d’Altmejd, The Flux and the Puddle, qui offre, derrière une vitrine de verre, une « encyclopédie » d’objets et de moments, du grotesque au glamour, mêlant le minéral et le biologique. L’expo propose aussi des têtes, des géants, des miroirs fracassés dans ce langage singulier propre à l’artiste. Au même moment, le MAC met à l’affiche des oeuvres d’un autre Montréalais, Jon Rafman, qui puise son inspiration dans les sous-cultures du « web profond » pour étudier la place de la technologie dans la culture contemporaine.

Suivront, l’automne prochain, Blow, l’exposition de l’artiste japonaise Tabaimo, Grosse fatigue, de la Française Camille Henrot, et Les temps inachevés,du Montréalais Patrick Bernatchez. Ce dernier présente entre autres une montre l’oeuvre d’un horloger suisse, qui ne compte qu’une seule aiguille et qui mettra 1000 ans à faire le tour du cadran… Au même moment, les peintures de Dana Schutz, mêlant « l’expressionnisme et le cubisme analytique », pour reprendre les mots de Zeppetelli, afficheront leurs couleurs et leur « ironie mordante », mêlant les « récits politiques et psychotiques ».

Enfin, le musée rendra hommage au peintre québécois Edmund Alleyn avec une centaine de ses oeuvres, dont une sélection d’inédits, dans la première exposition rétrospective depuis le décès de l’artiste en 2004. Le public pourra la visiter du 12 novembre 2015 jusqu’au printemps 2016.

Sophie Calle

Après avoir exploré la perception de la beauté des aveugles de naissance, l’artiste française Sophie Calle a interrogé cette fois des gens devenus aveugles d’un seul coup au sujet de la dernière image qu’ils ont vue. Du même souffle, elle a rencontré des citoyens d’Istanbul qui n’avaient jamais vu la mer pour les photographier lors de leur première expérience maritime. L’exposition Pour la dernière et la première fois sera présentée au Musée d’art contemporain de Montréal à partir du 5 février prochain.