Vibrant hommage à Françoise Sullivan

Françoise Sullivan, «Sans titre (Petit tondo)» du «Cycle crétois» (1983 ou 1984)
Photo: Musée des Beaux-Arts de Montréal Françoise Sullivan, «Sans titre (Petit tondo)» du «Cycle crétois» (1983 ou 1984)

Elle a dansé, sculpté, peint, et continue de peindre à près de 90 ans. Mercredi, Françoise Sullivan a reçu des éloges de toute une communauté lors du 3e Gala des arts visuels. Après une pause d’un an, l’événement destiné à célébrer le meilleur de la création au Québec a repris vie grâce à une première collaboration entre l’Association des galeries d’art contemporain, le Regroupement des artistes en arts visuels et le Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec.

Maintes fois saluée, notamment en 1987 par le prix Borduas et en 2003 par une rétrospective au Musée des beaux-arts de Montréal, Françoise Sullivan a embarqué dans le train de la modernité artistique alors qu’il se mettait en marche. Elle vient d’avoir 23 ans lors de la parution de Refus global (1948), fronde esthétique et sociale dont elle est une des 16 signataires.

C’est avec son oeuvre dansée qu’elle entre dans le mouvement automatiste de l’époque. Ses premiers pas chorégraphiques, telle l’oeuvre Danse dans la neige (1947), sont considérés comme les éléments fondateurs de la danse moderne québécoise.

« La danse est un réflexe, une expression spontanée d’émotions vivement ressenties », dit-elle dans « La danse et l’espoir », conférence entrée dans l’histoire lors de sa publication dans Refus global.« [Il ne faut pas] craindre d’aller aussi loin que nécessaire dans l’exploration de sa personne entière », clame encore celle qui s’oppose à la seule expression des jambes.

Dans les années 1950 et 1960, c’est à la sculpture qu’elle s’adonne, guidée par les Armand Vaillancourt et Louis Archambault. Dans les années 1970, elle se tourne vers un art conceptuel qui mêle performance, architecture et photographie.

Depuis les années 1980, la peinture est son médium de prédilection. Sa signature est portée par des accents forts de monochromie. La galerie Simon Blais expose actuellement sa plus récente production, des tableaux de 2014 qui animent des tensions entre la forme, le geste, la couleur et les limites du cadre.

L’hommage de mercredi a d’ailleurs été livré par Simon Blais, ainsi que par Louise Déry, la directrice de la Galerie de l’UQAM, associée à l’artiste notamment lors des Saisons Sullivan (2007), long projet imaginé à l’époque de Danse dans la neige. L’un comme l’autre ont souligné la fougue de sa création, évoquant tant la « vibration » de ses toiles que son engagement « envers l’idée [que la peinture] soit vécue ».

Mariée au peintre Paterson Ewen (1925-2002), mère quatre fois, Françoise Sullivan a aussi oeuvré dans l’enseignement, à l’Université Concordia, jusqu’au début des années 2000.

Le gala a aussi été l’occasion d’attribuer la bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle. C’est l’artiste de Québec Diane Landry, connue pour ses installations cinétiques teintes de magie, qui l’a reçue.

Regards sur les gagnants

Un total de 16 prix ont été attribués lors du Gala des arts visuels. En voici quelques-uns.

Meilleures expositions, musée, galerie univ. ou fondation 

Art québécois : L’oscillation du visible, d’Olivia Boudreau (galerie Leonard et Bina Ellen)

Toutes catégories : Les matins infidèles. L’art du protocole (Musée national des beaux-arts du Québec).

Meilleure exposition, autres lieux de diffusion à but non lucratif 

Ceci n’est pas une machine, de Jean-Pierre Gauthier (Expression, centre d’exposition de Saint-Hyacinthe).

Meilleurs événements ou expositions, centre d’artistes autogéré

Montréal : Écritures publiques (Dare-Dare).

Québec et régions : Faire avec (AdMare, centre d’artistes en art actuel des Îles-de-la-Madeleine).

Meilleures expositions, galerie privée

Exposition solo : Nicolas Baier (galerie Division)

Exposition de groupe: Peinture extrême. Cadrer le tout. (galerie Trois Points)