Un atelier mis à l’encan

<em>Cosmological theme, Variation 102</em>. Huile sur panneau
Photo: Graham Cantieni chez Iegor – Hôtel des Encans Cosmological theme, Variation 102. Huile sur panneau

L’événement tient presque de la braderie. IEGOR – Hôtel des encans met aux enchères ce mercredi près de 450 oeuvres de Graham Cantieni, artiste québécois qui a connu une certaine importance dans les années 1970 et 1980.

 

La maison IEGOR, sise dans une église du quartier Saint-Henri, prend des airs d’atelier d’artiste pendant l’exposition des oeuvres, qui a lieu jusqu’au départ des enchères ce mercredi soir.

 

« Il a décidé de dévoiler au grand jour sa production de toute une vie. Il n’en a gardé que quelques dizaines. C’est très particulier, l’entreprise IEGOR fait ça très rarement, ce genre de vente rétrospective », a expliqué Maylis Doucet, assistante de l’encanteur IEGOR de Saint-Hippolyte, qui a mis la main sur ce corpus, M. Cantieni étant un « ami de la famille ».

 

Selon cette dernière, l’artiste voulait offrir ses oeuvres au plus large public possible. D’où la mise aux enchères sans prix minimum. Ce qui veut dire que les oeuvres seront donc « adjugées au plus haut et au dernier enchérisseur ».

 

« C’est surprenant, parce que le marché peut difficilement absorber autant d’oeuvres d’un même artiste, indique l’historien de l’art Laurier Lacroix. Généralement, on fait ça quand un artiste est décédé ou qu’il n’a plus de place dans son atelier. »

 

Or, Graham Cantieni vit toujours à Montréal, où il poursuit sa pratique, même s’il n’a pas fait d’exposition depuis 15 ans. Son travail, très ancré dans le geste, a fait l’objet d’expositions solos dans de nombreuses galeries québécoises et européennes, surtout dans les années de 1970 à 1980. Il s’enracine dans la révolution de l’abstraction qui vient de déferler sur le monde de l’art. Yves Klein et Pierre Soulages font partie de ses influences, selon Maylis Doucet.

 

« On pourrait associer son travail au mouvement d’artistes français Support Surface, qui explore la qualité à la fois gestuelle et géométrique, affirme M. Lacroix. Il travaille beaucoup par séries, donc plusieurs de ses oeuvres sont proches formellement. »

 

Né en Australie en 1938, il s’installe au Québec dans les années 1960, où il poursuit une carrière de professeur d’arts plastiques parallèlement à sa pratique d’artiste. En Estrie, il dirige longtemps le Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. « À l’échelle des Cantons de l’Est, c’est une figure majeure », selon l’historien de l’art.

 

Ses tableaux font partie de plusieurs collections publiques de la province. Deux datant des années 1970 et 1980 sont au Musée d’art contemporain de Joliette, qui avait toutefois peu de choses à dire à propos de l’artiste. Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke et le Musée de Lachine en comptent aussi.


 
1 commentaire
  • Danielle Caron - Inscrite 3 septembre 2014 18 h 53

    La peinture

    Comme c'est dommage que l'on entende plus parler de la peinture dans Le Devoir autrement que lorsque M. de Saint-Hippolyte fait de la publicité ou que lorsqu'il s'agit de quelques têtes d'affiche dont nous connaissons les noms par coeur. :-(
    Bien dommage.