Le beau et le vétuste

Chutes de films qui jonchent le plancher, bobines vides, taches laissées par les acides sur les comptoirs, surfaces sales qui n’invitent pas la lumière du grand jour, les chambres noires photographiées par Michel Campeau disent la mort d’un certain monde lié à la production d’images. Après avoir fait l’objet de nombre d’expositions et de publications, ses photos sont publiées dans un livre magnifique intitulé Photogénie et obsolescence de la chambre noire argentique. Son travail vient de paraître dans un livre à la tenue impeccable publié par Kehrer, l’éditeur berlinois des beaux-arts. On trouve enfin ce livre à Montréal.

 

La chambre noire était déjà condamnée par l’explosion du numérique lorsque Michel Campeau s’y est intéressé comme champ de réflexion « sur l’univers postindustriel ». Depuis trente ans, note-t-il, « nous participons à un bouleversement majeur dans la manière de penser la création et le sens des images photographiques ».

 

Touché par « le paradoxe de la séduction du beau et du vétuste », loin d’être lui-même victime du « fétichisme du tout numérique », Michel Campeau a arpenté ces univers perdus de la photographie. Son travail a été si chaleureusement accueilli que Campeau s’est retrouvé soudain bien haut dans le ciel de la photographie internationale. Il est aujourd’hui, à raison, un des photographes canadiens les plus connus sur la scène de l’art contemporain.

Photogénie et obsolescence de la chambre noire argentique

Michel Campeau Kehrer Heidelberg, 2013, 143 pages

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