Marco Polo s’inscrit dans la caravane des expositions estivales… et Napoléon se dévoile dans une crypte de basilique

Assïa Kettani Collaboration spéciale
Image tirée du Livre des merveilles montrant Marco Polo à 17 ans, chevauchant entre son père et son oncle, lors du grand départ de Venise. On peut l’apercevoir à l’exposition Marco Polo – Le fabuleux voyage, au musée Pointe-à-Callière.
Photo: Bibliothèque nationale de France Image tirée du Livre des merveilles montrant Marco Polo à 17 ans, chevauchant entre son père et son oncle, lors du grand départ de Venise. On peut l’apercevoir à l’exposition Marco Polo – Le fabuleux voyage, au musée Pointe-à-Callière.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été culturel 2014

Du Xe siècle jusqu’à aujourd’hui et de Montréal jusqu’aux contrées lointaines de l’Afghanistan ou de la Chine, cet été, les musées d’histoire de Montréal réservent au public une programmation qui s’étend sur un millénaire et qui fait le tour du monde, mettant à l’honneur aussi bien les bijoux que les meubles, les livres, les lieux et même la musique.

Pour commencer un vaste tour d’horizon, arrêtons-nous au musée Pointe-à-Callière, qui convie le public à un voyage à la fois historique et géographique avec l’exposition Marco Polo – Le fabuleux voyage, présentée jusqu’au 26 octobre 2014.

 

C’est l’occasion de mieux connaître ce grand voyageur vénitien qui a immortalisé dans un Livre des merveilles le récit d’un fabuleux parcours de 21 ans qui l’a mené jusqu’en Chine à une époque où l’exploration mondiale n’en était encore qu’à ses balbutiements.

 

Rapportant des découvertes et inventions de l’autre bout du monde — poudre, soieries extrême-orientales… —, il a ainsi lancé des pistes pour ouvrir la cartographie du monde et influencé jusqu’à Christophe Colomb, qui a suivi ses pas dans son aventure vers l’Amérique. Invitant à renouer avec cet héritage, le musée rassemble quelque 200 objets et artefacts, dont les plus anciens datent du Xe siècle — bronzes, soies, lampes, statuettes, coupes, selles, ainsi qu’un fac-similé du Livre des merveilles datant du XVe siècle.

 

Des pirates envahisseurs

 

Profitant de l’environnement piéton qui entourera cette année encore le musée, le public pourra également assister à des activités extérieures. En marge de l’exposition permanente Pirates ou corsaires ?, les petits et grands enfants pourront profiter le dimanche 3 août d’une journée costumée de jeux, d’épreuves, de maquillage, de musique et d’animations autour du thème des flibustiers, ainsi que d’un spectacle de chants de pirates le 17 août.

 

Il y aura aussi le 10 août une rencontre avec un écrivain venu parler de récits de voyage, un atelier de fabrication de cerfs-volants en papier ou de cartes postales, ainsi qu’une conférence de Philippe de Vienne sur les épices d’Orient, avec démonstrations et dégustations.

 

Au McCord

 

Au Musée McCord, c’est un pan du patrimoine intangible québécois qui occupera le coeur de la programmation estivale dès le 30 mai et jusqu’au 13 octobre, à travers l’exposition Musique – Le Québec de Charlebois à Arcade Fire.

 

Après avoir proposé de croquer les usages de la vie civile dans l’exposition Chapeau ! l’an dernier, l’équipe fait cette année le pari d’éclairer les mouvements sociaux et l’identité québécoise au moyen d’un prisme musical. Pour réaliser cette « immersion dans la trame sonore du Québec », le musée table sur une proposition mixte : des chansons à écouter, bien sûr, mais aussi des artefacts, images, objets ou manuscrits qui ont d’une manière ou d’une autre marqué le dernier demi-siècle et façonné l’histoire du pays.

 

Qu’il s’agisse de chanson, de rap, de rock ou de musique du monde, les musiciens figurent en effet parmi les premiers porte-étendard des revendications et passions populaires, qu’il s’agisse de Félix Leclerc ou de Loco Locass, de Claude Léveillée ou de Samian, de la Révolution tranquille aux luttes sociales chez les premiers peuples.

 

Au Musée Stewart

 

Au Musée Stewart, le patrimoine historique fait partie intégrante des murs : campé sur l’île Sainte-Hélène dans un ancien complexe militaire qui témoigne d’une époque où Montréal servait de plateforme de distribution d’armes, d’artillerie et de matériel de guerre, le Musée Stewart lancera le 25 mai (jusqu’au 25 janvier 2015) La Marine – L’oeuvre d’un siècle, une exposition itinérante réalisée par le Musée canadien de la guerre qui marque le centenaire de la Marine canadienne.

 

Au programme : une découverte des artistes qui ont peint la réalité navale du Canada en temps de guerre et de paix, allant de scènes épiques de batailles aux portraits intimistes de la vie en mer et sur terre. Les visiteurs trouveront également des jeux de dames, de mail (à l’origine du croquet) ou de tic-tac-toe version XXL dans la cour.

 

Côté nouveautés, citons une exposition extérieure d’illustrations anciennes sur l’histoire de l’île Sainte-Hélène à la fin du XIXe siècle, ainsi qu’une nouvelle visite guidée de l’île Sainte-Hélène. Celle-ci s’ajoute à la visite de l’exposition permanente Histoires et mémoires, dans laquelle l’histoire du Québec se laisse découvrir sur une période de cinq siècles, de l’époque amérindienne jusqu’au milieu du XIXe siècle, rassemblant près de 500 artefacts, iconographies, archives et cartes anciennes.

 

Une autre visite explore les lieux qui abritent le musée : l’ensemble fortifié du dépôt militaire britannique, construit en 1824, comprenant la poudrière, la caserne, le corps de garde et l’impressionnant arsenal dans lequel se trouve le Musée Stewart.

 

Dans la crypte de la basilique Notre-Dame

 

Habituellement inaccessible aux visiteurs, la crypte de la basilique Notre-Dame abritera du 16 mai au 1er septembre l’exposition Les trésors de Napoléon, composée notamment de la collection privée de l’historien d’art Pierre-Jean Chalençon — sans doute la plus grande collection privée au monde d’objets liés à Napoléon Bonaparte avec ses quelque 2000 à 3000 pièces.

 

L’Histoire s’y loge autant dans des objets devenus emblématiques du règne de l’empereur (comme une bague en or sertie d’un saphir portée par Napoléon lors de son sacre en 1804, ainsi que le chapeau porté à la bataille d’Essling en 1809) que dans des objets d’art décoratif, dont il influencera la postérité à travers la naissance du style Empire. 350 objets, dont plusieurs n’ont jamais été exposés, seront présentés, notamment bijoux, chapeaux, peintures, sculptures, gravures, dessins, meubles, porcelaines et tapisseries.

 

Au Centre d’histoire de Montréal

 

Au Centre d’histoire de Montréal, c’est toute l’histoire de la ville de Montréal qui se verra consacrer une nouvelle exposition permanente dès le 17 mai.

 

Traces. Lieux. Mémoires survolera en effet l’histoire de la ville, du projet missionnaire qu’elle était en ses débuts jusqu’à la métropole d’aujourd’hui, des premiers peuples à la modernité. En objets, vitraux, images, reproductions et représentations, l’équipe vise à associer à chaque époque sa dynamique, ses grands événements et ses enjeux, comme la création du parc du Mont-Royal, l’Expo 67, le traité de la Grande Paix de Montréal ou l’incendie du parlement en 1849.

 

Le Centre propose également une incursion du côté de l’évolution démographique de la ville : dès le 20 mai, l’exposition J’arrive à Montréal, montée dans le cadre du programme éducatif Vous faites partie de l’histoire !, financé par l’Entente entre la Ville de Montréal et le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, se penchera sur la réalité des nouveaux arrivants à Montréal.

Collaboratrice

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