Un été sous le signe de l’éclectisme

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Tirée de l’exposition La Grande Guerre: Le pouvoir d’influence de la photographie, au Musée des beaux-arts du Canada.
Photo: Bibliothèque et archives canada Tirée de l’exposition La Grande Guerre: Le pouvoir d’influence de la photographie, au Musée des beaux-arts du Canada.

Ce texte fait partie du cahier spécial Été culturel 2014

Les amateurs de beaux-arts et d’histoire devront prévoir un petit passage à Ottawa cet été, ne serait-ce que pour admirer des oeuvres de Gustave Doré, qui ne sortent que très rarement de leurs musées d’origine, et qui seront présentées en exclusivité nord-américaine au Musée des beaux-arts du Canada. Au programme également, des photographies de la Première Guerre mondiale, une exposition sur la neige pour rafraîchir les chaudes journées estivales et une rétrospective du naufrage de l’Empress of Ireland, véritable Titanic canadien.

D’Ottawa à Gatineau, les expositions abondent. Un détour par les seuls musées des beaux-arts et le nouvellement nommé Musée canadien de l’histoire (autrefois Musée des civilisations) en fait la preuve.

 

Au Musée des beaux-arts du Canada


Gustave Doré (1832–1883) : L’imaginaire au pouvoir

 

Dessinateur, peintre et sculpteur, Gustave Doré est peut-être l’illustrateur le plus célèbre de tous les temps. En collaboration avec le Musée d’Orsay à Paris, cette exposition est la première rétrospective d’envergure consacrée à cet important artiste depuis trente ans. Elle regroupe des estampes, des dessins, des tableaux et des sculptures. En tout, une centaine d’oeuvres qui mettent en lumière la riche diversité artistique de Doré, qui est devenu depuis une source d’inspiration pour de nombreux cinéastes des XXe et XXIe siècles. Du 13 juin 2014 au 14 septembre 2014.

 

La Grande Guerre. Le pouvoir d’influence de la photographie

 

Si la photographie a servi à documenter d’autres guerres dans le passé, la Première Guerre mondiale marque un tournant décisif pour ce moyen d’expression. Les photographies officielles reflètent la planification, la censure et un constant besoin de rallier l’opinion publique à la cause. Les populaires portraits en studio des soldats qui témoignent de ces vies menacées montrent aussi l’importance indéniable de la photographie dans l’espace privé. Cette exposition illustre ainsi le rôle clé que la photographie a été appelée à jouer durant la guerre. Du 27 juin 2014 au 16 novembre 2014.

 

… du transit bar – Vera Frenkel

 

Oeuvre phare en art contemporain canadien, … du transit bar de Vera Frenkel allie vidéo, sculpture, architecture et bar entièrement fonctionnel. Créé en 1992 pour la Documenta, célèbre exposition internationale tenue tous les cinq ans à Cassel, en Allemagne, … du transit bar est l’un des projets les plus ambitieux de l’influente artiste de Toronto. Cet été, les spectateurs sont invités à faire l’expérience de ce lieu remarquable, hors du temps et de l’espace, et à s’asseoir pour partager leurs propres histoires autour d’un verre… du transit bar. Du 15 mai au 17 août 2014.

 

Motet à quarante voix – Janet Cardiff

 

Acclamé par le public et par la critique, le Motet à quarante voix est de retour au Musée des beaux-arts du Canada. Cette impressionnante sculpture sonore de l’artiste canadienne Janet Cardiff est une reprise de Spem in Alium de Thomas Tallis, compositeur anglais du XVIe siècle. Quarante voix enregistrées séparément sont diffusées par quarante haut-parleurs disposés autour de la chapelle Rideau du Musée.

 

L’effet que produit cette oeuvre sur le visiteur est profondément ébranlant, lui donnant une popularité rarement égalée en art contemporain. Jusqu’au 31 août 2014.

 

Comprendre nos chefs-d’oeuvre. Thomas Couture dans l’atelier

 

Thomas Couture (1815–1879) était, à son époque, l’un des artistes peintres les plus célèbres à Paris, et il était reconnu pour sa technique de couleurs vives et ses sujets sensationnels. Le tableau Souper à la Maison d’Or, aussi connu sous le titre Chaque fête a son lendemain, qui a été offert en don à la Vancouver Art Gallery, est resté plusieurs décennies dans un entrepôt en raison de l’état de la peinture et des dommages faits à son encadrement. Cette exposition permet de le voir à nouveau et d’explorer les techniques de peinture et de dessin de Couture tout en ayant accès aux coulisses des récents travaux de restauration. Jusqu’au 8 juin 2014.

 

Au Musée canadien de l’histoire

 

Neige

 

La neige. Source de passion, de création et d’ingéniosité… que serait le Canada sans elle ? Cette exposition inédite révèle combien la neige a façonné l’identité canadienne, comment, dès leur arrivée en Amérique du Nord, les Européens ont dû composer avec elle, comme l’avaient fait bien avant eux les autochtones. Depuis, celle-ci n’a jamais cessé d’influencer notre mode de vie et de mettre au défi notre capacité d’adaptation. Bref, une véritable histoire culturelle de la neige, riche de trois cents artefacts. Jusqu’au 28 septembre 2014.

 

Écurie championne – E. P. Taylor et Windfields Farm

 

C’était dans sa nature : passionné tant de chevaux que par les affaires, E. P. Taylor changeait en or tout ce qu’il touchait. Sous sa direction, Windfields Farm devient l’un des plus importants centres d’élevage de pur-sang de course du monde, et son légendaire cheval de course Northern Dancer, l’un des étalons les plus célèbres de l’époque. Une collection de trophées de course, de photographies et autres souvenirs démontrent qu’E. P. Taylor possédait la touche magique. Jusqu’au 18 janvier 2015.

 

Le Titanic canadien – L’Empress of Ireland

 

Dans la nuit du 29 mai 1914, deux navires plongés dans le brouillard entrent en collision sur le Saint-Laurent. L’Empress of Ireland et les 1477 personnes à son bord coulent en moins de quinze minutes. On estime à 1012 personnes le nombre de victimes. Cette exposition invite à monter à bord de ce qui fut un splendide transatlantique et à voyager dans le temps. De nombreux artefacts, dont la cloche et le compas du navire, et les comptes rendus de témoins oculaires, dont celui d’une survivante de huit ans, rappellent la plus grande catastrophe maritime de l’histoire du Canada. Du 30 mai 2014 au 6 avril 2015.

 

« Duplessis donne à sa province » – Le marketing politique de l’Union nationale

 

L’exposition permet de mieux connaître la place qu’occupait le marketing politique dans les stratégies du parti de Maurice Duplessis. Ou combien le marketing politique professionnel au Québec, au milieu du XXe siècle, n’a rien à envier à celui des grands partis politiques d’aujourd’hui. Du 12 juin au 7 décembre 2014.

 

Activités

 

Le musée canadien de l’histoire propose également des activités durant toute la période estivale :

 

Le 17 mai, un pique-nique familial à l’occasion de la fête nationale de la Norvège. Au programme, histoire sur des airs de musique norvégienne, parade des enfants, fabrication de trolls et jeux en plein air.

 

Du 1er au 30 juin : un atelier pour apprendre à confectionner des avions en papier aérodynamiques.

 

Du 1er juillet au 31 août : un atelier pour créer un journal de voyage et un album.

 

Le 4 août : une journée consacrée à la rencontre d’archéologues à l’attention des 8 ans et plus.

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