Du numérique au CCA…

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Le salon de la Maison Dufresne, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal
Photo: Musée du Château Dufresne Le salon de la Maison Dufresne, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal

Ce texte fait partie du cahier spécial Été culturel 2014

À Montréal, les amateurs d’expositions à saveur architecturale ne seront pas en reste cet été. Trois institutions muséales de la métropole, le Centre canadien d’architecture, la Maison de l’architecture du Québec et le Château Dufresne, ont prévu une programmation riche et diversifiée susceptible d’intéresser autant les connaisseurs que les néophytes.

Cette année, le Centre canadien d’architecture (CCA) célèbre le 25e anniversaire de son ouverture au grand public. Pour l’occasion, l’institution, qui se veut à la fois un musée et un centre international de recherche, a planifié toutes sortes d’activités festives et une exposition.

 

Pendant la période estivale, le parc du CCA trouvera de multiples vocations. Par exemple, en collaboration avec l’écoquartier du secteur, le CCA tiendra des ateliers d’agriculture urbaine. Également, les visiteurs de l’institution pourront profiter de pauses littéraires et musicales. « Les dimanches, de 11 h à midi, par exemple, il y aura des contes pour les enfants de 2 à 12 ans. Ce sera suivi de spectacles musicaux. On va également placer un piano dans le parc pendant tout l’été pour que les gens puissent en jouer, un peu comme le fait la ville avec ses pianos dans les rues », indique Chantal Pouliot, directrice associée des affaires externes au CCA.

 

À l’intérieur de ses murs, le Centre a prévu pour les mois à venir une exposition intitulée Environnements virtuels, objets interactifs. Deuxième volet du projet de recherche amorcé en 2013 avec l’exposition Archéologie du numérique, sous le commissariat de l’architecte Greg Lynn, cette initiative explorera les liens entre architecture et technologie numérique des années 1980 et la fin du XXe siècle.

 

« Les ordinateurs ont vraiment changé la façon de concevoir l’architecture, relève Giovanna Borasi, conservatrice en chef du CCA. Ils ont certes influencé la façon de produire l’architecture, mais surtout, de la penser ! C’est ce à quoi s’intéresse Greg Lynn avec ce projet. »

 

L’exposition s’articulera autour du travail de six architectes qui ont assez tôt introduit des éléments interactifs dans leur conception du bâtiment. « Par exemple, on a un individu qui, dans les années 1990, avait commencé à penser la façade comme un élément interactif. Pour lui, il devait y avoir un dialogue entre la façade d’un bâtiment et les gens qui s’en approchaient. Sa façade bougeait parce que le bâtiment était comme un objet vivant. Elle répondait à la présence de stimuli. C’est quelque chose qui aujourd’hui paraît tout à fait normal, mais il y a quinze ans, ça ne l’était pas », précise Mme Borasi.

 

En juin, une exposition sera également dédiée à l’érection de la colonne de la place Vendôme à Paris. Tenue dans la salle octogonale, elle comportera de nombreuses photos originales d’époque.

 

Fait intéressant, tous les 25 de chaque mois, de mai 2014 à avril 2015, lorsque les portes du CCA seront ouvertes (car l’institution est fermée les lundis et mardis), l’accès aux expositions sera gratuit. « Nous nous sommes dit que c’était une belle façon de célébrer notre 25e anniversaire avec le public », note Mme Pouliot.

 

Maison de l’architecture du Québec

 

Ayant pour mission de stimuler et de diffuser la création et la réflexion touchant aux disciplines de l’architecture, de l’architecture du paysage et de l’urbanisme, la Maison de l’architecture du Québec (MAQ) est un centre d’artistes autogéré unique en son genre au Canada. Dans un esprit de démocratisation, elle fait connaître au grand public le travail de firmes et d’individus par des expositions, des publications et des activités de toutes sortes.

 

Cet été, la Maison propose une exposition intitulée Monographie MAQ 03 : Pierre Thibault vu par Georges Teyssot et Alessandra Ponte : L’architecture comme paysage. Ainsi, du 30 mai au 5 octobre, les visiteurs pourront découvrir la démarche de la grande vedette de l’architecture québécoise contemporaine par le biais de carnets, de croquis, de maquettes, de photographies et d’extraits de films.

 

« Ce sera une exposition qui analysera son travail sous le regard de commissaires émérites, annonce Sophie Gironnay, directrice générale et artistique de la MAQ. On y découvrira le travail de 25 années d’un bureau phare au Québec. On montrera l’étendue et l’ampleur réelles de l’oeuvre de cet architecte extrêmement prolifique. Ça signifie plus de 60 maisons, chaque fois des créations originales, des maquettes, des dessins, des croquis, etc. Il y aura également une vidéo composée des rushes du dernier film de Denys Arcand, Le règne de la beauté, qui a tourné en grande partie dans des maisons de Pierre Thibault. »

 

Cette monographie sera également un prétexte à la publication d’un catalogue de 200 pages, lequel sera disponible dès le vernissage de l’exposition. Il comprendra notamment plus d’une centaine de clichés du photographe Alain Laforest, résultat de 25 ans de collaboration avec M. Thibault.

 

Musée du Château Dufresne

 

Situé sur la rue Jeanne-d’Arc dans un ancien hôtel particulier du quartier Hochelaga-Maisonneuve, le Musée du Château Dufresne a pour mission de préserver, d’étudier et de contribuer au rayonnement du patrimoine de l’Est-de-Montréal. Sa collection permanente comporte notamment une importante quantité de meubles ayant appartenu à Marius Dufresne, ex-propriétaire des lieux, ainsi que des oeuvres peintes et des vitraux.

 

Depuis peu propriétaire du studio de Guido Nincheri, le musée propose ce printemps une exposition entièrement vouée à l’oeuvre du maître verrier italo-canadien. Ayant contribué à l’ornementation de plus de 200 édifices à travers l’Amérique du Nord par ses décorations murales, ses fresques et ses tableaux et ayant produit plus de 5000 verrières disséminées dans neuf provinces canadiennes et six États de la Nouvelle-Angleterre, il est considéré comme l’un des plus grands artistes entrepreneurs du XXe siècle.

 

« Le studio loge dans l’ancien bâtiment de la Dufresne Engineering, indique M. Paul Labonne, directeur général du Musée du Château Dufresne. Les Dufresne ont loué le rez-de-chaussée à Nincheri pour qu’il puisse y installer son atelier de vitrail en 1925. Les propriétaires lui faisaient un rabais de 500 dollars par année pour son loyer, et en échange, il décorait le Château. Les deux bâtiments sont donc intimement liés. Ce qui est formidable, c’est qu’aujourd’hui, tout est encore là ! Les oeuvres d’art, les outils, tout. »

 

À l’occasion de la Journée des musées montréalais tenue le 25 mai prochain, le public aura gratuitement accès au Musée du Château Dufresne ainsi qu’au Studio Nincheri. C’est la première fois que le public pourra découvrir les lieux, car jusqu’à l’acquisition du Studio par le Musée, il s’agissait d’un bâtiment privé.

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