L’art des collections et collectionneurs est à l’honneur

Jérôme Delgado Collaboration spéciale
Le Musée des beaux-arts de Montréal présente l’installation rétrospective honorant les trente ans de création du duo de Michel Lemieux et Victor Pilon.
Photo: David MacLeod Le Musée des beaux-arts de Montréal présente l’installation rétrospective honorant les trente ans de création du duo de Michel Lemieux et Victor Pilon.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Fabergé le joaillier, les collectionneurs, généreux donateurs et Dora García, une artiste espagnole habituée des grandes manifestations de la planète, seront sous les projecteurs cet été, sujets des principales expositions d’art à Montréal. La création actuelle, particulièrement celle made in Quebec, restera, elle, dans leur ombre.

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) poursuit son ouverture vers les métiers d’art et consacrera sa grande manifestation estivale à la joaillerie russe et aux joyaux créés par Carl Fabergé (1846-1920) pour les tsars Alexandre III et Nicolas II. « La plus grande collection Fabergé à l’extérieur de la Russie », selon les documents du MBAM, s’amène à Montréal en nombre (240 objets) et en prestige.

Quatre des célèbres oeufs de Pâques, objets de luxe s’il en est, en pierres et métaux précieux, sont du lot, ainsi que des cadres émaillés, des étuis à cigarettes en or ou des fleurs en cristal de roche.

Si cette exposition, organisée par le Virginia Museum of Fine Arts en collaboration avec l’établissement québécois, parlera de raffinement et de privilèges, elle évoquera aussi, par la force des choses, les derniers jours de la famille impériale et l’histoire d’un XXe siècle mouvementé et tragique. À compter du 7 juin.

À noter qu’il sera possible aussi de voir, jusqu’au 31 août, l’installation rétrospective honorant les trente ans de création du duo de Michel Lemieux et Victor Pilon, installation inaugurée fin avril dans le cadre de la Biennale internationale d’art numérique.

Les donations au MACM

 

Le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) propose, avec l’exposition La beauté du geste, une précieuse liste d’artistes réputés, figures modernes (Borduas, Pellan, Riopelle) et actuelles (Altmejd, Baier, Grandmaison), étrangères également (Bourgeois, Penone, Tapiès). Le titre ne se réfère pas tant au geste créateur qu’à la démarche du don, pratique courante en milieu muséal.

« Le don crée un lien social et une obligation, chez celui qui reçoit, de donner en retour », dit John Zeppetelli, directeur et conservateur en chef du MACM, tel que cité dans le communiqué de presse du musée.

L’exposition sera une manière de remercier les fondateurs du MACM, qui atteint en 2014 le demi-siècle d’existence. « C’est grâce à l’initiative d’une quarantaine d’artistes, de dix collectionneurs, de trois galeries et d’une fondation que le MACM voit le jour en 1964 », lit-on encore dans le document de presse. La beauté du geste, qui réunira 200 oeuvres de « toutes les disciplines, générations et origines », toutes acquises sous forme de don au fil des années, ouvrira le 19 juin.

 

Création actuelle

Pour humer davantage la création actuelle, il faudra s’arrêter à la Fonderie Darling, où, été après été, on propose une programmation de haut niveau. L’exposition Autour des crimes et des rêves, de l’Espagnole Dora García, s’articule autour de films inspirés de James Joyce, de Félix Guatarri et de conversations sur le réel et le non-réel tenues par l’artiste dans un hôpital psychiatrique d’Aix-en-Provence.

Figure internationale, présente à Skulptur Projekte Münster (2007), aux biennales de Lyon et de Sydney (2009), à celle de Venise (2011) puis à la Documenta 13, à Cassel (2012), Dora García fait de l’expérience artistique son sujet de prédilection. Sa venue à Montréal, sa première, sauf erreur, s’explique du fait que le commissariat est assuré par Chantal Pontbriand, elle dont on n’a pas vraiment vu le travail depuis qu’elle a mis à mort la revue Parachute et qu’elle s’est exilée en Europe.

La petite galerie de la Fonderie sera, quant à elle, occupée par la peintre suisse Christina Zurfluh. L’exposition Barré est inspirée de l’industrie textile et des « bandes défectueuses sur les tissus synthétiques ». Polychrome, titillant à la fois l’esthétique colour field et la peinture gestuelle, sa pratique brouille, lit-on sur le site Web du centre d’art de la rue Ottawa, dans le Vieux-Montréal, « les frontières classiques entre la peinture, l’installation et la sculpture ».

La programmation estivale de la Fonderie Darling sera inaugurée le 21 mai.

À noter que plusieurs galeries privées demeurent ouvertes une partie de l’été — c’est devenu une habitude. Parmi elles, notons la galerie Art Mûr, qui ramène, dès le 19 juillet, sa tradition estivale, Peinture fraîche et nouvelle construction, une sélection de peintres et sculpteurs issus d’universités de tout le pays. Pierre-François Ouellette art contemporain proposera, dès le 7 juin, une expo thématique intitulée Luminescences. Quant à la galerie Simon Blais, elle célébrera ses 25 ans, dès le 18 juin, avec une sélection d’oeuvres de quatre des artistes qu’elle représente.

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