La mythologie grecque côtoie les grands maîtres québécois

Martine Letarte Collaboration spéciale
Tête dans le style du Zeus de Dresde, IIe siècle apr. J.-C., d’après un prototype de 440 à 420 av. J.-C., au Musée de la civilisation.
Photo: Museen zu Berlin Tête dans le style du Zeus de Dresde, IIe siècle apr. J.-C., d’après un prototype de 440 à 420 av. J.-C., au Musée de la civilisation.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’été, entre farniente et barbecues, les visites de musées sont idéales pour se nourrir l’esprit. Dans la capitale nationale, le Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ) et le Musée de la civilisation déploient d’importantes expositions en prévision des beaux jours.

Le Musée de la civilisation met cet été en salles rien de moins que Les maîtres de l’Olympe, les objets exposés étant tirés des « trésors » des collections gréco-romaines de Berlin.

 

Tête du dieu Zeus de Dresde datant du IIe siècle après Jésus-Christ, vase décoré d’une scène d’Héraclès et du sanglier d’Érymanthe du VIe siècle avant Jésus-Christ, statuette de bronze du dieu Apollon du Ier siècle avant Jésus-Christ ; plus de 160 chefs-d’oeuvre tirés de la collection des antiquités classiques des Musées nationaux de Berlin sont présentés au Musée de la civilisation à Québec jusqu’au printemps prochain. C’est une première en Amérique du Nord.

 

« Cette exposition est importante, puisqu’elle présente les fondements du monde occidental, indique Michel Côté, directeur général du Musée de la civilisation. Les Musées nationaux de Berlin ont l’une des plus grandes collections grecques et romaines. Cette collection a souvent été éparpillée notamment en raison des guerres et de la division est-ouest de l’Allemagne. Plusieurs années ont été nécessaires pour la reconstituer. C’est une occasion unique de voir ces pièces. »

 

Une exposition riche en contenu, en histoire, mais adaptée à la famille. En juin, un atelier où l’on pourra réaliser différentes activités de médiation et d’éducation culturelles sera d’ailleurs inauguré.

 

« Il sera possible de participer à toutes sortes d’activités familiales, comme jouer du théâtre grec », indique Michel Côté.

 

Animation de l’ONF

 

Avec Image x Image. À l’autre bout du spectre, le cinéma d’animation sera aussi à l’honneur à partir du 4 juin au Musée de la civilisation de Québec.

 

Image x Image présentera de nombreux extraits de films d’animation puisés dans les collections de l’Office national du film (ONF), qui célèbre son 75e anniversaire.

 

L’ONF a permis à plusieurs cinéastes d’atteindre une renommée internationale. Parmi eux, Norman McLaren, fondateur des studios d’animation de l’ONF et gagnant d’un Oscar pour son court métrage Voisins, réalisé en 1952, et de la Palme du court métrage à Cannes pour Blinkity Blank. Cette année, McLaren aurait soufflé ses 100 bougies.

 

« Notre exposition célébrera tout cela, indique Michel Côté. Un volet explicatif permettra aussi de comprendre comment se font les films d’animation. Les gens seront aussi invités à créer leur petit film, qu’ils pourront s’envoyer. Ce sera une exposition très participative. »

 

Dernière chance pour Haïti et Gauvreau

 

Haïti, in extremis présente une centaine d’oeuvres contemporaines d’artistes engagés souvent réalisées avec des matériaux récupérés. Présentée jusqu’au 17 août, cette exposition a été adaptée par le Musée de la civilisation d’après une idée du Fowler Museum de l’Université de Californie, à Los Angeles. « Nous avons intégré des artistes montréalais d’origine haïtienne, indique M. Côté. C’est une exposition assez troublante ; on n’en sort pas indemne. »

 

L’exposition Pierre Gauvreau. J’espérais vous voir ici est pour sa part présentée jusqu’au 28 septembre.

 

De nouvelles expositions sont en préparation. « Nous en présenterons une cet automne sur la danse contemporaine », ajoute Michel Côté.

 

Au Musée national des beaux-arts

 

Lemieux, Pellan, Leduc, Riopelle ; quatre univers seront cet été abordés.

 

Quatre grands maîtres québécois de la peinture, Jean Paul Lemieux, Alfred Pellan, Fernard Leduc et Jean-Paul Riopelle, ont maintenant chacun leur salle d’exposition permanente dans le nouveau pavillon Charles-Baillairgé, une ancienne prison construite en 1867.

 

Le MNBAQ redéploie ainsi ses collections de référence de ces quatre artistes. « Chacun a son langage propre et a été reconnu à l’international, alors exposer ces quatre maîtres en simultané permet de prendre la mesure de la contribution québécoise à la scène artistique au sens très large », indique Line Ouellet, directrice générale du MNBAQ.

 

Plusieurs visiteurs découvriront l’oeuvre de Fernand Leduc, décédé en janvier. « C’est la première et unique exposition monographique de Fernand Leduc, précise Line Ouellet. On plonge vraiment dans l’univers du peintre à travers ses contributions aux différents mouvements, de l’automatisme au monochrome. »

 

C’est aussi au centre de ce pavillon de pierres avec l’intérieur en briques rouges que se trouve L’arbre de la rue Durocher d’Armand Vaillancourt, « une pièce maîtresse de l’art du Québec », précise Mme Ouellet.

 

Retour aussi dans le temps avec Morrice et Lyman en compagnie de Matisse.

 

Cette exposition, fraîchement inaugurée, propose un dialogue entre les peintres fondateurs de l’art moderne canadien, James Wilson Morrice (1865-1924) et John Lyman (1886-1967), et le grand Henri Matisse (1869-1954).

 

« Tous les deux ont côtoyé Matisse à Paris, raconte Line Ouellet. Lyman a étudié avec Matisse et Morrice a même voyagé avec lui à Tanger au Maroc. Matisse a été une influence très importante pour l’un et l’autre. »

 

Plusieurs découvriront dans cette exposition le travail de Morrice et Lyman, deux artistes montréalais.

 

« Ils ne sont pas très exposés : depuis 25 ans, il n’y a pas eu de rétrospective sur le travail de ces pionniers de la modernité en peinture canadienne, qui ont d’ailleurs dû s’exiler pour travailler plus d’une trentaine d’années », affirme Mme Ouellet.

 

Ateliers

 

Le MNBAQ propose aussi des ateliers chaque fin de semaine de mai, juin et août pour le grand public. « Nos ateliers sont très réputés ; Jean Paul Lemieux y a même enseigné, indique Mme Ouellet. C’est l’occasion idéale pour découvrir son potentiel de créativité, et les enfants s’y amusent autant que les parents. Chaque mois a son thème : la pochade en mai, le collage en juin, puis la maquette en août. »

 

Le MNBAQ est en pleine réalisation de son grand projet d’agrandissement. Un nouveau pavillon est présentement en construction et l’ouverture est prévue pour l’automne 2015.

Collaboratrice