La Biennale de Montréal dévoile déjà son gigantisme

Sylvie Fortin, la directrice de la Biennale (deuxième à partir dela gauche), en compagnie de quelques-uns des artistes qui participeront à la BNL MTL à l’automne.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Sylvie Fortin, la directrice de la Biennale (deuxième à partir dela gauche), en compagnie de quelques-uns des artistes qui participeront à la BNL MTL à l’automne.

L’été n’est pas à nos portes que déjà, mardi, au Musée d’art contemporain (MAC), on nous donnait un avant-goût de l’automne. À six mois de son ouverture, la Biennale de Montréal 2014 a dévoilé la liste des artistes qui la composeront. Ils seront nombreux : cinquante, individus ou collectifs, dont seize du Québec, et plusieurs peu exposés jusqu’ici, tous regroupés sur le thème de « L’avenir ».

 

La sélection d’artistes offre un mélange de générations, inclut figures internationales et locales. On reverra Shirin Neshat, vidéaste d’origineiranienne, et Thomas Hirschhorn, l’artiste suisse auteur d’installations démesurées, tous deux déjà exposés au MAC, alors que d’autres vedettes, telles que la Berlinoise Klara Hobza, seront au Québec, voire au Canada pour la première fois. Côté local figurent sur la liste le collectif Adaptive Actions, Jacqueline Hoang Nguyen ou Étienne Tremblay-Tardif, parmi d’autres plus familiers comme Nicolas Baier.

 

La nouvelle Biennale de Montréal sera plus grosse que jamais. Elle qui n’a gardé que le nom et le logo (BNL MTL) de sa précédente vie — celle pilotée par Claude Gosselin — partira sur des rails bien distincts. L’événement sera réalisé en coproduction avec le MAC, et les deux équipes apporteront chacune une participation financière de 650 000 $. Ceci ne comprend pas les ressources humaines du musée qui accueillera, dans toute sa grandeur, 35 oeuvres.

 

Si la programmation est dévoilée si tôt, c’est que l’on cherche à ameuter la presse internationale. Dans quelques jours, l’équipe de la manifestation montréalaise sera à New York pour la même opération médiatique. Sylvie Fortin, la directrice de la Biennale, note que les correspondants du Guardian londonien et du Frankfurter Allgemeine Zeitung allemand ont confirmé leur présence. L’idée de faire de Montréal une plaque tournante de l’art contemporain prend forme.

 

« On veut qu’en 2018, la Biennale de Montréal soit un événement incontournable dans le monde, disait-elle en conférence de presse. Pour ce faire, en 2014, il faut nous placer dans l’imaginaire des gens. En 2016, on continuera sur notre lancée et on visera plus haut, avec des collaborations plus larges. Il faut faire rayonner tout le milieu artistique et académique. Ce sont deux milieux très présents ici, chose qu’il faut affirmer et exploiter. »

 

Plus fédératrice et rassembleuse, la Biennale de Montréal aura ses quatre commissaires — Gregory Burke, Peggy Gale et les conservateurs du MAC, Lesley Johnstone et Mark Lanctôt. Il faudra rajouter des collaborations « avec plus de 15 institutions locales », pas encore connues, excepté le Quartier des spectacles, qui accueillera plusieurs propositions, dont celles du Newyorkais Krzysztof Wodiczo, vétéran de projections architecturales de retour à Montréal trente ans après sa première visite, et de la photographe québécoise Isabelle Hayeur.

 

Ancrée dans une réflexion sur l’avenir, la manifestation aura des couleurs politiques bien marquées, notamment sur les questions environnementales et urbanistiques. Le sous-thème de l’eau reviendra dans plus d’une oeuvre, dont celle de Klara Hobza, Diving Through Europe, projet en cours de réalisation jusqu’en… 2035.

 

La Biennale de Montréal se tiendra du 22 octobre au 4 janvier.


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