Les jeunes créateurs et critiques d’art se rencontrent

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Festival TransAmériques

Les Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène professionnels se tiendront du 28 mai au 7 juin dans le cadre du Festival TransAmériques (FTA). L’événement, qui est né au même moment que le FTA, en a aussi suivi l’évolution. «Dès la première édition, nous avons eu l’idée d’organiser ce type de rencontres afin de favoriser le dialogue et l’échange, explique Marie-Hélène Falcon, directrice générale et artistique du FTA. Au fil des ans, l’événement a pris de l’ampleur et nous avons peaufiné la formule.»

Aujourd’hui, ce sont une bonne vingtaine de jeunes âgés entre 25 et 35 ans, créateurs, théoriciens et critiques du Québec et d’ailleurs dans le monde, qui se trouvent plongés pendant onze jours au FTA dans un véritable tourbillon culturel. « Nous leur préparons une programmation de huit spectacles auxquels ils doivent assister, indique Marie-Hélène Falcon. La programmation leur est imposée car nous voulons qu’ils assistent à des spectacles qu’ils n’auraient pas choisis s’ils ne s’étaient fiés qu’à leurs seuls goûts personnels. Nous voulons qu’ils fassent des découvertes. »

 

Des ateliers et des rencontres avec des artistes, des échanges entre pairs sur les spectacles vus et les pratiques artistiques respectives, des visites de lieux de diffusion et de création sont aussi prévus à l’horaire. Les participants jouissent aussi de plages de temps libre.

 

Évolution de l’événement

 

Dès le départ, le FTA a pu compter sur un partenariat avec l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) pour l’organisation de l’événement. « Les premières éditions étaient plus modestes, souligne Monique Dairon-Vallières, responsable du projet pour l’OFQJ, et se limitaient à une délégation d’une dizaine de jeunes créateurs français. » Quelques années plus tard, l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse (OQWBJ) décide de participer à l’événement, ce qui permet d’accueillir des jeunes créateurs belges.

 

Ensuite, ce fut le tour des jeunes créateurs québécois d’entrer dans la danse. « Ce sont les participants européens qui ont fait cette demande. Ils trouvaient qu’ils ne rencontraient pas assez de jeunes créateurs québécois. La solution la plus simple était de les inclure directement en tant que participants. »

 

Comme cette demande ne cadrait pas avec la mission de l’OFQJ, c’est le FTA qui a accepté d’assumer le volet québécois. « En associant les jeunes artistes d’ici aux rencontres, raconte Marie-Hélène Falcon, on se trouvait ainsi à créer un lieu et un pont avec le milieu qui accueille ces jeunes créateurs étrangers. » Et du même coup, selon Monique Dairon-Vallières, à promouvoir le Québec. « On pense souvent que le rayonnement culturel du Québec passe par l’exportation de nos oeuvres et de nos créateurs, et c’est vrai. Mais il ne faut pas négliger que le rayonnement culturel du Québec passe aussi par son accueil. »

 

La dernière mouture de l’événement, tel qu’on le connaît aujourd’hui, survient au même moment où le Festival de théâtre des Amériques devient le Festival TransAmériques, en 2007. « La première modification importante fut d’inviter aux rencontres internationales des théoriciens et des critiques des arts de la scène, précise Monique Dairon-Vallières, et l’idée est venue du FTA. »

 

Pour Marie-Hélène Falcon, cette ouverture tombait sous le sens. « Cela permettait de favoriser la rencontre entre la pratique et la théorie. Cela nous paraissait assez naturel comme démarche puisque ces jeunes, qu’ils soient créateurs ou théoriciens, sont dans les deux cas engagés en arts et ont une réflexion sur l’art. »

 

Au même moment, deux autres organismes ont rejoint l’événement, soit l’Office Québec-Amériques pour la jeunesse (OQAJ) et l’Office Québec-Monde pour la jeunesse (OQMJ). La présence de ces deux organismes permettait d’ouvrir le champ géographique hors du Canada et de l’Europe. « De plus, précise Monique Dairon-Vallières, nos confrères français de l’OFQJ signaient avec le ministère des Affaires étrangères de France une entente ouvrant l’événement aux pays africains. »

 

Au même moment, on créait Les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOGIC), au sein duquel on retrouve l’OFQJ, l’OQWBJ, l’OQAJ et l’OQMJ. C’est donc aujourd’hui LOJIC qui est devenu le partenaire officiel du FTA pour l’événement. De plus, le FTA s’est adjoint la participation de l’Association des théâtres francophones du Canada, qui assure la présence de la francophonie canadienne hors Québec, ainsi que la participation du Goethe-Institut Montréal et de l’Istituto Italiano di Cultura de Montréal, ce qui vient bonifier le volet international. Ainsi, l’événement est aujourd’hui en mesure d’accueillir des jeunes de Montréal comme de Berlin, de Paris comme de Rio, de Tunis comme de Moncton. « Le seul prérequis, souligne Monique Dairon-Vallières, est de parler français. »

 

Les retombées

 

L’on n’a pas de mal à imaginer l’extraordinaire expérience culturelle que vivent pendant ces onze jours les jeunes qui participent aux Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques en arts de la scène professionnels. Mais au-delà de l’enthousiasme du moment, il y a aussi les retombées. « Les jeunes créent des liens entre eux qui vont plus loin que l’événement lui-même, dit Marie-Hélène Falcon. Les gens restent en contact entre eux bien après l’événement. » La diversité des cultures est aussi un autre atout. « Et comme ils ont à échanger sur leurs pratiques artistiques personnelles et le contexte dans lequel cette pratique se fait, explique Monique Dairon-Vallières, la diversité culturelle des participants permet de replacer les pendules à l’heure. »

 

Et c’est sans compter les collaborations qui peuvent naître d’un pareil événement. « Nous avons déjà accueilli un chorégraphe tchadien dont l’une des pratiques artistiques est d’amener la danse dans les camps de réfugiés. Sa démarche a tellement impressionné un participant québécois que ce dernier a décidé d’aller collaborer avec le tchadien sur le terrain, en Afrique. »

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