Le CR-CHUM lève le voile sur les oeuvres intégrées à l’architecture de son bâtiment

L’immense toile de cinq mètres sur sept de François Vincent se trouve dans l’espace ouvert de l’entrée principale. Premiers arrivants est fait de 15 panneaux arborant chacun un petit objet, mi-amulette, mi-cocon, aux couleurs chaudes.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’immense toile de cinq mètres sur sept de François Vincent se trouve dans l’espace ouvert de l’entrée principale. Premiers arrivants est fait de 15 panneaux arborant chacun un petit objet, mi-amulette, mi-cocon, aux couleurs chaudes.

Inauguré à l’automne dernier, le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CR-CHUM) dévoilait jeudi les quatre oeuvres d’art rattachées à l’édifice, dans le cadre de la politique dite « du 1 % ». Les pièces des artistes François Vincent, Alain Paiement, Pierre Bourgault et Michel Goulet habillent le parvis du bâtiment, l’entrée principale, les halls des deux pavillons et le corridor souterrain qui les relie.

 

La peinture fait un retour en force dans le giron des oeuvres d’art public avec l’immense toile de cinq mètres sur sept de François Vincent dans l’espace ouvert de l’entrée principale. Premiers arrivants est fait de 15panneaux arborant chacun un petit objet, mi-amulette, mi-cocon, aux couleurs chaudes.

 

« J’ai proposé aux usagers de se rappeler cette petite collection d’objets qu’on faisait plus jeunes, dit-il. On peut y voir différentes choses, une collection de timbres, un boulier chinois, des papillons qu’on aurait épinglés sur un écrin précieux. Ce sont parfois des chrysalides qui deviennent des papillons, des totems, des masques primitifs. » La peinture se fait plutôt rare depuis une vingtaine d’années dans la banque d’oeuvres publiques.

 

Alain Paiement renoue avec sa passion pour les arts décoratifs dans Tessellations sans fin, deux fresques multicolores réparties dans les halls des deux pavillons, qui arborent des motifs semblables aux fractals, aux variabilités infinies.

 

« Dans la progression rythmique des patterns dont est composée la pièce, il y a quelque chose qui s’approche beaucoup de la génomique », dit celui qui s’est inspiré d’une forme de tissage par bandes (stripweaving) pratiqué par certaines tribus du Ghana.

 

C’est Pierre Bourgault qui signe la sculpture monumentale extérieure, bordant l’entrée principale. Les jeux de ficelles s’inspirent de l’ayarak, une pratique inuite de la civilisation dorsétienne qui remonte à plus 1000 ans. Une ficelle dans les doigts, on forme diverses figures précises, codifiées.

 

« C’est un jeu qui a une fonction éducative, car c’est toujours lié à un récit très précis : comment aller à la chasse, comment se comporter avec le groupe, explique l’artiste en nous faisant une petite démonstration d’une forme simplifiée du jeu. Je respecte exactement tout le trajet ; j’ai pris le dessin, l’ai refait avec de la broche, et étiré en sculpture 3D. »

 

Enfin, Michel Goulet a signé, dans le corridor souterrain reliant les pavillons, Jardins et jardiniers du monde où défilent, découpés dans une plaque d’acier rétroéclairée, 60 000 prénoms dans toutes les langues.

 

En vertu de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et sites gouvernementaux, environ 1 % du budget de construction d’un édifice public est réservé à la réalisation d’oeuvres d’art. Outre les quatre oeuvres du centre de recherche, le CHUM comptera une douzaine d’oeuvres de plus, dont deux découlant de concours nationaux, à dévoiler sous peu.