Le gène du danseur

L’étoile du ballet canadien Guillaume Côté fait l’objet d’un film au Festival des films sur l’art. Un portrait du talentueux danseur qui participe au renouveau du Ballet national du Canada (BNC), sous l’impulsion de la directrice (et ex-ballerine) Karen Kain. Un hommage aussi à l’artiste au parcours fulgurant qui se démarque aussi comme compositeur et chorégraphe.

 

Le concept n’est pas nouveau : l’équipe de tournage suit l’artiste dans ses aventures artistiques, ses déplacements à travers le monde pendant deux ans. De la production new-yorkaise Les rois de la danse à sa propre création sur la musique du Boléro de Ravel, en passant par le Roméo et Juliette du BNC à Londres, qui a marqué le retour de la troupe sur la scène internationale.

 

Au fil des spectacles, des répétitions, des témoignages, on apprend comment le petit gars du Lac-Saint-Jean est littéralement tombé dans la danse comme dans la potion magique. Car ses parents dirigeaient une école de danse et l’ont encouragé dès son tout jeune âge. « J’ai toujours dansé », confie-t-il. Il a quitté le nid familial à onze ans pour aller étudier au BNC pendant sept ans. Mais on l’entend surtout parler de sa passion actuelle, au jour le jour.

 

Le film ne révolutionne pas le genre et le ton manque de naturel, mais en prenant conscience du danseur-phénomène qu’est Guillaume Côté, on comprend la nécessité de ce document-témoignage. Son ami et soliste du BNC Étienne Lavigne y résume bien ce qui fait de lui une étoile. Sur scène, devant le public, il réussit ce qu’il n’arrivait pas à faire en studio. « C’est un showman. »

 

Le témoignage de Karen Kain complète le portrait d’un danseur né : physiquement avantagé par les gènes, mais aussi doté de ténacité et de musicalité, des qualités essentielles à la réussite de ce métier. La directrice artistique le compare même à Rudolf Nureev, trouvant le Québécois encore mieux outillé.

 

« Je me sens mieux sur scène que dans la vie de tous les jours », va jusqu’à dire Guillaume Côté, qui songe déjà pourtant à la suite de sa carrière. À voir le succès que son travail de chorégraphe remporte déjà, la voie est peut-être toute tracée…

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Un autre film sur la danse à voir

To Danse Like a Man, un film de Sylvie Collier, coproduit par Cuba et le Royaume-Uni. Cette œuvre raconte l’histoire de César, Angel et Marcos, jeunes triplés et élèves de la prestigieuse école du Ballet national de Cuba où ils suivent une formation exigeante. Ces trois ballerins forment le seul trio de danseurs identiques dans le monde. À voir le samedi 22 mars à 13 h 30 à la salle Claude-Jutra de la Cinémathèque québécoise et le 29 mars à 13 h 30 au théâtre J. Armand Bombardier du Musée McCord.

Cette fin de semaine, Le Devoir recommande…

Un programme double consacré au peintre Fernand Leduc (1916-2014) s’ouvre avec Chant de lumières : Fernand Leduc, un portrait (1997) et se clôt avec Fernand Leduc, la peinture et les mots (2013). Signé par l’artiste et professeur Mario Côté, ce dernier documentaire aborde la vie et la carrière du maître en trois temps, de la rencontre avec Borduas à l’aventure des microchromies, en passant par le mouvement plasticien. À voir dimanche le 23 mars, à la Cinémathèque, dès 13 h 30.

 

Le vertige de l’étoile

Un film d’Éric Côté et de Jean-Pierre Dussault présenté samedi à 18 h 30 à la Cinquième Salle de la Place des Arts et dimanche à 13 h 30 à la salle 1 de l’Université du Québec à Montréal.