Pi2 de Gaspé, une synergie en devenir

Le projet désigné Pôle de diffusion et de création de Gaspé a maintenant son vrai nom : Pi2 de Gaspé. « Il a été adopté en comité par les membres », affirme Carine Valleau, coordonnatrice de Pied Carré, l’organisme qui regroupe des créateurs et des organismes culturels du Mile-End à Montréal, là où on recense la plus grande concentration de travailleurs culturels au Canada.

 

Le mastodonte de béton des 5455 et 5445, avenue de Gaspé, où le chantier a pris forme depuis juin dernier, sera inauguré à l’été, sinon à l’automne si d’autres retards se présentent dans les travaux. L’aménagement de six organismes de diffusion en arts visuels, à qui profite une grande part des 30 000 pieds carrés du rez-de-chaussée réservés pour le projet, est sur le point d’aboutir. Or plusieurs artistes, artisans et autres organismes sont encore en attente d’avoir leur espace de travail, ce qui sème l’inquiétude auprès de certains, selon un coup de sonde informel lancé à la ronde.

 

Interrogée sur l’avancement du projet, Mme Valleau, de Pied Carré, qui agit avec le soutien du gestionnaire de chantier Ateliers créatifs Montréal, souligne plutôt le terrain gagné. Les membres locataires des étages quatre et six du 5445, entièrement remis à neuf, sont déjà à demeure. La plupart de ces membres logeaient à côté, au 5455, d’où ils ont accepté de partir, suivant l’entente conclue en novembre 2012 avec le propriétaire des édifices, Allied Properties. Il en est autrement pour les étages trois et cinq, ainsi que pour une partie du rez-de-chaussée, où les travaux sont toujours en cours et où d’autres membres locataires doivent prendre leur mal en patience.

 

Pour Pied Carré, la réussite se mesure dans la rétention de 95 % des membres fondateurs. Certains des membres réguliers bénéficient même de mesures d’aide, comme des loyers progressifs sur trois ans, afin d’atténuer la hausse des loyers, lesquels toutefois demeurent à des prix compétitifs. Pied Carré donnera cette année un appui d’une valeur de 200 000 $, mesure autofinancée avec la cotisation des membres de soutien et à partir des loyers un peu plus élevés offerts à ces petites et moyennes entreprises de secteurs créatifs connexes qui voudraient rejoindre la pépinière.

 

C’est d’ailleurs à cette catégorie de locataires, pour les espaces dits « Ateliers solidaires », que Pied Carré fait appel pour louer les locaux toujours vacants, environ 25 % de l’offre totale. La catégorie des espaces dits « Ateliers à protéger », réservés aux artistes, aux artisans et aux organismes culturels à but non lucratif, est quant à elle épuisée. La liste d’attente pour ces espaces indique que la demande n’est pas comblée.

 

L’aménagement de la vitrine de diffusion et des espaces de travail créatif repose sur l’aide de la Ville de Montréal, du ministère de la Culture et des Communications, ainsi que du Secrétariat de la région métropolitaine. Le bail, protégé pour 30 ans, bénéficie à plusieurs disciplines pour lesquelles le regroupement Pied Carré vante la synergie.

Collaboratrice