Le MNBAQ inaugure les salles Lemieux, Pellan, Leduc et Riopelle

Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle, Jean Paul Lemieux et Fernand Leduc feront tous l’objet d’une exposition individuelle dans le pavillon Charles-Baillairgé du MNBAQ.
Photo: Source MNBAQ Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle, Jean Paul Lemieux et Fernand Leduc feront tous l’objet d’une exposition individuelle dans le pavillon Charles-Baillairgé du MNBAQ.

Lemieux, Pellan, Leduc, Riopelle : voilà les quatre as sur lesquels le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) mise désormais, en attendant son troisième pavillon, en cours de construction. Les membres de cet inusité quatuor de la modernité picturale du Québec sont en effet les premiers bénéficiaires d’une campagne menée par le slogan « + d’espace ». Le musée dirigé par Line Ouellet inaugurait mercredi des salles permanentes consacrées aux quatre artistes, une première dans le cas de trois d’entre eux.

 

« C’est le coup d’envoi de notre nouveau complexe muséal, affirmait Pierre Lassonde, le président du conseil d’administration du MNBAQ, en conférence de presse. C’est dès maintenant que le musée se transforme. »

 

Cette première cure de jouvence se déroule dans le plus vieux bâtiment occupé par le musée d’État, le pavillon Charles-Baillairgé. Autrefois prison, érigée en 1867 et largement transformée depuis, le pavillon aura été cette fois remodelé avec un budget de 4,5 millions de dollars. Les salles consacrées à Jean Paul Lemieux, Alfred Pellan, Fernand Leduc et Jean-Paul Riopelle, qui ont demandé la participation de quatre conservateurs, ont reçu l’appui du ministère de la Culture et des Communications, à hauteur de 250 000 $.

 

Le redéploiement des collections, évaluées à 37 000 oeuvres, est le coeur de « cette première phase du vaste chantier intellectuel et physique », comme le désigne Line Ouellet. Le pavillon Charles-Baillairgé permet, dit-elle, « de sortir plus de 200 oeuvres de nos réserves ». Lemieux, Pellan, Leduc, Riopelle ont été choisis comme phares de cette modernité pour les liens qui les unissent au MNBAQ.

 

L’établissement possède le plus important lot de tableaux de Lemieux, dont les icônes d’art canadien La Fête-Dieu à Québec (1994) et Les Ursulines (1951), que les visiteurs pourront voir à travers l’exposition De silence et d’espace. De Pellan aussi, le MNBAQ est dépositaire d’un imposant corpus, notamment depuis que le legs de Madeleine Pellan s’y est ajouté. L’exposition Le rêveur éveillé aura mené à une première monographie en vingt ans sur Pellan, et permis une mise à jour de ses techniques — la peinture fluorescente a été découverte dans Citrons ultraviolets, tableau de 1947.

 

Les rapprochements entre le musée et Fernand Leduc ont pris de l’ampleur en 2006 lors de l’expo-bilan qui marquait le retour définitif du peintre au Québec. Le maître de l’abstraction décédé en janvier avait alors entrepris de léguer une quarantaine de toiles.

 

Enfin, l’histoire entre Riopelle et le MNBAQ est connue depuis qu’a atterri ici l’imposant Hommage à Rosa Luxembourg. L’expo Métamorphoses est un abrégé du travail de Riopelle en une trentaine de peintures, sculptures et estampes. Hommage… ne s’y trouve pas, puisqu’il est destiné au futur pavillon, prévu pour 2015.

 

Le redéploiement des collections est soutenu par de prestigieux prêts. Ceux-ci, qui parsèment les nouvelles salles, incluent notamment le diptyque Canada de Pellan, dont le propriétaire, le gouvernement fédéral, avait créé la polémique en le retirant pour le remplacer par un portrait de la reine.


Jérôme Delgado était l’invité du MNBAQ.