La téméraire performance de De Groot à Venise projetée en primeur

Le film relate les phases de la performance de Raphaëlle de Groot, dont sa procession en gondole.
Photo: Gwenaël Bélanger Le film relate les phases de la performance de Raphaëlle de Groot, dont sa procession en gondole.

La Galerie de l’UQAM, en partenariat avec le Conseil des arts et des lettres du Québec, projette ce soir en primeur Raphaëlle de Groot à la Biennale de Venise. Le film de trente minutes documente la téméraire performance que l’artiste a réalisée l’été dernier lors du prestigieux événement dans la Sérénissime.

 

Sans recevoir d’invitation, l’artiste, et l’équipe de la Galerie de l’UQAM en appui, avait, le 30 mai dernier, amorcé la performance dans les mythiques Giardini alors bondés par les professionnels de l’art venus pour l’ouverture de la Biennale. Une telle présence dans ces lieux hautement symbolique, la seule représentation du Québec de surcroît, a fait l’objet d’une attentive documentation qui a mené à la réalisation du film.

 

La tâche a été confiée à l’artiste Frédéric Lavoie, qui a su condenser en une petite demi-heure la durée de la performance qui s’est étirée sur près de trois heures. Son matériel ? Quelque six heures de tournage de sources diverses, la plupart des images filmées par lui ou par une caméra judicieusement placée sur la gondole qui a transporté l’artiste sur les canaux vénitiens.

 

Le film relate avec sobriété le trajet parcouru par l’artiste des Giardini à l’Arsenal, l’autre site notoire de la Biennale. Il suit les trois phases de la performance débutant par la métamorphose de l’artiste, qui s’est affublée d’un costume l’aveuglant et l’encombrant, sa déambulation dans les jardins jusqu’à sa périlleuse procession en gondole.

 

De Groot, suivie de près par son entourage, y apparaît vulnérable, pieds nus, sous la pluie, offrant une vision atypique de l’artiste au travail. Elle y renvoie aussi l’image hyperbolique, et déformée, du cirque mondain de la Biennale comme du faste clinquant des traditionnels carnavals. En porte-à-faux avec l’imagerie stéréotypée de Venise, du tourisme en général et de l’élite du monde de l’art, le film partage également l’intensité de l’aventure. Il en va ainsi grâce à un remarquable travail sur la bande sonore et la progression de l’action qui culmine par de très saisissantes images captées dans le canal San Marco.

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