Centre canadien d'architecture - «Une synchronie de contenu et de message»

Les programmes publics mis sur pied par le CCA sont dessinés et imaginés comme des extensions des thématiques de certaines expositions.
Photo: © Centre canadien d'architecture Les programmes publics mis sur pied par le CCA sont dessinés et imaginés comme des extensions des thématiques de certaines expositions.

Depuis toujours, la mission du Centre canadien d’architecture (CCA) est de fournir au public des outils conceptuels et culturels afin de mieux comprendre l’environnement et la ville, comme mieux évaluer l’architecture, qui, en soi, est un bien public. Petite plongée au coeur des activités éducatives du CCA.

 

D’emblée, Fabrizio Gallanti, le directeur associé des programmes, explique qu’en matière de vision il n’y a pas de division entre les activités éducatives et le reste des activités du CCA : « En réalité, une exposition, un colloque, une conférence ou un programme avec les écoles sont conçus, imaginés avec les mêmes attentions. Il ne s’agit pas de programmes qui viennent complémenter une offre, mais plutôt d’une synchronie de contenu et de message, rappelle-t-il. L’idée, c’est de varier les outils et les attitudes, les manières de dialoguer selon les différents publics. »

 

Les programmes éducatifs ont été mis en place en 1998, soit neuf ans après l’inauguration du CCA. Dans une phase initiale, à partir de 1989, on devait comprendre quelles seraient les activités de l’établissement, qui abrite un centre de recherche, des collections et différentes offres pour tous les publics. C’est finalement en 1998 que les programmes éducatifs ont été intégrés et développés au sein de l’établissement.

 

Toujours en réflexion

 

Si 25 ans est un âge respectable pour un établissement muséal, le CCA, lui, est toujours jeune et vit encore une période d’ajustement et d’établissement des objectifs, de compréhension de la qualité de ses champs d’action. « Pour nous, il est essentiel de se doter d’une palette d’actions complexes et articulées, de manière à toucher de vastes publics », affirme M. Gallanti. C’est dans cette voie de réflexion que s’est engagé le CCA, qui porte une attention très forte aux écoles et aux familles, des publics qui ne sont pas nécessairement les spécialistes ciblés au départ, mais pour lesquels le musée a augmenté son offre culturelle.

 

Selon les expositions, le CCA en profite pour créer des programmes qui sont, dans ce cas, dessinés et imaginés comme des extensions des thématiques de ces expos. « Ce sont des activités plus sporadiques, moins fixées dans le temps. L’idée, c’est de traduire les contenus d’une expo particulière en programme éducatif. Ces activités se déroulent alors dans les espaces destinés aux activités ou dans les galeries, qui deviennent le théâtre de cette activité. Par exemple, on peut avoir une visite de l’expo accompagnée d’une série d’actions et d’activités qui sont construites à partir de l’expo même », souligne M. Gallanti. Que ces activités soient destinées aux écoles primaires ou secondaires, elles se bâtissent toutes d’une même manière : « Dans la phase de conception de l’expo, il y a une intégration très forte entre l’équipe qui s’occupe de la conservation et l’équipe des programmes éducationnels. L’idée, c’est d’avoir des dialogues et de voir de quelle façon l’expo va inclure une composante éducationnelle et de quelle façon les contenus devront être traduits. »

 

Au CCA, on a aussi pensé aux cégépiens : « Nous avions l’impression que les cégeps étaient moins ciblés que les écoles primaires et secondaires et même que les familles. Expérience faite, la réponse des étudiants, leur capacité de focaliser sur les thématiques, d’être participatifs et enthousiastes, tout ça fonctionne très bien. Les professeurs qui décident d’emmener leur classe au CCA sont eux aussi assez motivés par rapport aux thématiques. »

 

Le CCA possède un assez petit centre de recherche avec une vision internationale : « Nous fonctionnons comme une plaque tournante, comme une guest house où est facilitée la rencontre entre des contenus et des acteurs qui sont de passage et qui se confrontent avec Montréal », explique M. Gallanti.

 

Quant aux familles, elles sont toujours bienvenues au musée : « Les programmes de fin de semaine pour les familles sont gratuits, car ce sont des ateliers qui ne peuvent se réaliser sans que la famille entière y participe, l’idée étant de faire des choses ensemble… » D’ailleurs, les étudiants entrent toujours gratuitement au musée et les jeudis soirs sont toujours gratuits pour tout le public.

 

Citant un important architecte italien, Frabrizio Gallanti lance que « l’architecture est trop importante pour être laissée aux architectes ! » C’est cette vision que le CCA incarne depuis son origine, depuis le mandat que Phyllis Lambert a mis en place jusqu’à la manière avec laquelle l’actuel directeur, Mirko Zardini, reprend cette hypothèse. « C’est que l’architecture et l’urbanisme sont des thèmes incontournables de notre vie quotidienne, et notre responsabilité est de fournir tous les outils possibles pour entamer le dialogue par rapport à cette thématique. »

 

 

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