Art public : statu quo au Parc olympique

Depuis 2012, le parc Olympique profite d’un élan de revitalisation de son esplanade, qui se déploie à l’ouest du stade.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Depuis 2012, le parc Olympique profite d’un élan de revitalisation de son esplanade, qui se déploie à l’ouest du stade.

Plus d’un an après la controverse entourant le don d’une sculpture, la Régie des installations olympiques (RIO) veut toujours se doter d’une oeuvre d’art, mais n’a pas adopté de directive particulière à cet égard.

 

La RIO entend réintégrer l’art public sur son territoire, « comme la majorité des grands parcs publics » indique sa porte-parole, Justine Lord-Dufour. Si la société d’État souhaite procéder « par le biais d’un concours », elle n’exclut pas l’éventualité d’un don et n’a pas adopté de directive particulière à cet égard. « Nous aviserons sur l’approche préconisée au moment où la situation surviendra », précise Mme Lord-Dufour.

 

Tous les ministères et sociétés d’État sont assujettis à la Politique d’intégration des arts à l’architecture. Mais celle-ci ne s’applique que dans le cas d’une construction ou d’un nouvel aménagement, rappelle le ministère de la Culture qui gère le programme. Pour le reste, chacun agit selon sa bonne volonté.

 

À l’été 2012, la RIO annonçait en grande pompe le don d’une sculpture d’André Desjardins, par l’entremise de l’Academy of Fine Art Foundation de Californie. L’oeuvre devait prendre place sur l’esplanade du parc, là où nichait auparavant La joute de Riopelle. Une bonne part du milieu des arts visuels s’est alors braquée. Quelque 400 acteurs signaient une pétition mettant en doute le processus décisionnel, sans avis de spécialistes, ayant mené à l’acceptation de ce bronze représentant une femme de 3,7 mètres. Encadrement qui préside pourtant à toute donation dans les musées ou à la Ville.

 

Le Parc olympique n’était pas tenu de faire évaluer l’oeuvre à l’époque, il « avait le droit d’accepter ou de refuser » ce qu’il voulait, comme le souligne encore Mme Lord-Dufour. Mais les expertises existantes au Bureau d’art public de Montréal ou à Québec auraient aussi pu être mises à contribution, faisaient valoir les pétitionnaires. D’autant plus que le Parc olympique prévoyait débourser 50 000 $ pour faire couler le bronze en Californie.

 

Revitalisation et 1 %

 

Depuis 2012, le parc Olympique profite d’un élan de revitalisation de son esplanade, qui se déploie à l’ouest du stade. Le budget alloué à cette revitalisation - sept millions de dollars sur trois ans - provient du règlement à l’amiable avec Birdair, la compagnie qui avait conçu le toit défaillant du stade, et est essentiellement consacré à la programmation d’activités culturelles et sportives. La sculpture d’André Desjardins s’inscrivait dans ce contexte.

 

Par ailleurs, le site du Parc olympique accueillera bientôt une oeuvre d’art sur son territoire, sous la gouverne du nouvel Institut national du sport du Québec, en construction, qui sera inaugurée au printemps prochain. Le ministère de la Culture a déjà sélectionné les artistes appelés à proposer leur concept. On connaîtra le nom de l’heureux élu ultérieurement.