Montréal dévoile la plus coûteuse oeuvre d’art public au Québec

La Ville de Montréal annoncera ce vendredi matin l’octroi de 1,1 million de dollars au collectif d’artistes BGL art contemporain de Québec pour la réalisation de la plus coûteuse oeuvre d’art public jamais réalisée au Québec. Intitulée « La vélocité des lieux », l’oeuvre monumentale dominera du haut de ses 63 pieds le carrefour réaménagé à l’angle des boulevards Pie-IX et Henri-Bourassa, dans l’arrondissement Montréal-Nord.

 

Le concept du collectif d’artistes, entériné ce mercredi par le comité exécutif, sera dévoilé par le maire de Montréal, Laurent Blanchard, et la conseillère indépendante Élaine Ayotte, responsable de la culture, du patrimoine et du design. Au cours des derniers mois, la question de l’art public, dopée par le débat sur le déplacement de L’homme de Calder, a divisé les divers partis municipaux, devenant un des nombreux enjeux électoraux.

 

Choisie à l’unanimité par le jury le 19 juillet dernier, l’oeuvre de BGL sera la plus imposante jamais réalisée au Québec dans le cadre de concours tenus par le Bureau d’art public de Montréal et par le Bureau d’intégration des arts à l’architecture du ministère de la Culture. Le budget dépasse largement le « 1 % » du budget global de construction normalement dévolu aux oeuvres d’art public. L’installation trônera sur la nouvelle « entrée de ville » du carrefour Pie-IX/Henri-Bourassa, dont la réfection atteindra à terme près de 50 millions (chiffres de 2012) et s’échelonnera jusqu’en 2016.

 

Le comité exécutif soutient que l’oeuvre contribuera à faire de ce carrefour un lieu « identitaire et emblématique » pour Montréal. Le carrefour routier ainsi enjolivé deviendra la plus distinctive des six portes d’entrée du nord de l’Île. Le coût de l’oeuvre est compris dans les 14,5 millions prévus au Programme triennal d’immobilisations 2013-2015 pour la transformation de cet échangeur dangereux, depuis longtemps considéré comme une plaie urbaine.

 

La vélocité des lieux bouleversera la notion d’oeuvre d’art et « développera un nouveau public pour l’art contemporain », indiquent les artistes dans leur descriptif. L’installation doit prendre la forme d’un arc constitué d’autobus, faisant le pont au-dessus d’un groupe d’arbres et de maisons, ajoutent-ils. Le collectif BGL (Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière) s’est fait remarquer depuis 16ans par ses installations audacieuses qui remettent en question le rapport de l’homme à son environnement et le caractère factice de l’objet. Plusieurs de leurs oeuvres font partie des collections du Musée des beaux-arts du Canada, du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée d’art contemporain de Toronto.

 

« Championne » toute catégorie des budgets d’art public, La vélocité des lieux, qui sera installée à l’automne 2015, devance de loin le montant record de 723 000 $ attribué le printemps dernier à Sans titre, de Stephen Schofield, qui ornera en 2014 la rue Jeanne-Mance, au sud de la place des Festivals. Troisièmes au palmarès municipal, les sculptures de Melvin Charney, installées en 1992 sur la place Émilie-Gamelin, avaient coûté à l’époque 350 000 $.

9 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 30 août 2013 00 h 52

    Où est-elle ?

    Je veux bien d'une telle oeuvre d'art mais où est-elle ? Où est son image ?

    Et tant qu'à y être quand aurons-nous une sculpture monumentalr coin Avenue-des Pins et Parc ?

    Un très célèbre sculpteur québécois y réside.

  • Mireille Langevin - Inscrite 30 août 2013 07 h 50

    PieIX et H. Bourassa

    Pourrait-on réparer les nids-de-poule de l'hiver dernier et repaver certaines rues avant d penser à l'art de rue ? 50 millions....on en fait des travaux urgents avec ce montant .

    • Guillaume Houle - Inscrit 2 septembre 2013 23 h 01

      Mme Langevin,

      Le 50 millions de dollars servira à la réfection du carrefour Pie-IX/Henri-Bourassa.

      C'est maintenant l'occasion :

      1. De vous excuser ou de retirer votre billet.
      2. De prendre le temps de lire avec plus de rigueur avant de commenter.

      Merci et bonne journée.

  • Bernard Terreault - Abonné 30 août 2013 10 h 06

    A quand le carrefour des avenues Du Parc et Des Pins ?

    Bravo pour Pie IX et H.-B. Mais à quand le tour du carrefour des avenues Du Parc et Des Pins ? A cause de la pente de l'Avenue Du Parc et de sa largeur, et de la proximité des parcs du Mont-Royal et Jeanne-Mance, c'est le site le plus spectaculaire de Montréal. Pourquoi ne pas y déménager le Calder (ou y installer quelque chose d'également emballant) ?

  • Yves Corbeil - Inscrit 30 août 2013 14 h 45

    Pie IX et Henri Bourassa puis la photo

    On veut la garder secrète cette oeuvre d'art, pas grand touriste dans ce coin là.

  • Francois Cossette - Inscrit 30 août 2013 16 h 31

    J'en ai marre, marre, marre !!!!

    On voit bien que les augmentations de taxe ne servent qu'a alimenter le gaspillage. Quand je n'ai pas d'argent je ne depense que pour l'essentiel mais il semble bien que nos gouvernements sont au-dessus de tels considerations. En effet ils peuvent sans gene venir fouiller dans nos poches a tout moment et ils ont la loie pour nous obliger a payer a defaut de quoi on peut etre saisi.

    Nos dirigents vivent dans une bulle, c'est pas croyable d'etre deconnecte comme cela de la realite.

    • Simon Chamberland - Inscrit 30 août 2013 21 h 01

      J'en ai marre qu'on considère l'art comme un gaspillage.

    • Guillaume Houle - Inscrit 2 septembre 2013 23 h 07

      M. Cossette,

      Les progrès de la civilisation ont tendance à chasser les éléments naturels qui forment la qualité de vie.

      Avec un meilleur aménagement des lieux et une architecture plus adaptée à nos besoins réels, les arts et la culture améliorent le paysage visuel, ce qui a pour effet de contribuer à l'amélioration de notre moral et de notre humeur.

      Je vous invite à retourner jeter un coup d'oeil au 19e siècle, aux usines noires crachant la mort, aux cases d'habitation lugubres, à ces villes à dédales où s'entassaient les gens.

      Oui, on peut progresser tout en prenant en compte que l'humain doit se structurer un environnement de vie et de travail agréable.

      Qui plus est, il est impératif de garder à l'esprit que le rêve et la créativité nous permettent d'avancer. L'art et la culture servent à nous inspirer. Sans inspiration, nous sommes condamnés à stagner sur place et à dégénérer.

      L'éternel discours sur la taxation est inutile : si on veut une société commune avec ses avantages, il faut travailler pour y arriver. Autrement, on va vivre dans le bois, loin de tout, avec ses propres règles et son propre gouvernement autocratique.