Un pas vers la protection des oeuvres du musée de Detroit

Le Sénat de l’État du Michigan a adopté un projet de loi qui pourrait empêcher la vente des oeuvres du Detroit Institute of Arts (DIA), envisagée pour renflouer les coffres de la ville américaine sous tutelle. La législation proposée doit maintenant être soumise à la Chambre des représentants.


Le projet de loi soumettrait les musées d’art du Michigan au code d’éthique de l’association nationale qui les représente. Ce code exige que la vente des oeuvres serve uniquement la mission du musée. Des sections précisent aussi que la collection d’un musée de propriété municipale - comme le DIA - ne peut être vendue « que si la transaction est liée à sa délocalisation dans un établissement similaire de la même municipalité ».


Au bord du gouffre, la ville de Detroit tente de juguler une dette de 15 milliards de dollars. Le coordonnateur d’urgence embauché à cette fin, Kevin Orr, considère dans son plan de sauvetage toutes les sources de revenus possibles en cas de faillite, y compris la vente précipitée de la collection. Une avenue qui a déclenché une vive polémique à l’échelle du pays.


Fondé en 1887, le DIA, l’un des plus grands musées américains, compte de nombreux chefs-d’oeuvre dont des Rembrandt, Van Eyck, Picasso, Bruegel. Ses 38 pièces les plus célèbres pourraient valoir au total 2,5 millions de dollars, selon des spécialistes du marché de l’art. Des toiles comme La fenêtre de Matisse ou un Autoportrait de Van Gogh seraient estimées entre 100 et 150 millions de dollars chacune. Businessweek évaluait toute sa collection à plus de 15 milliards de dollars, de quoi éponger la dette de la ville…


Le projet de loi du Sénat doit évidemment être adopté par la Chambre de représentants du Michigan avant l’entrée en vigueur d’une législation. Et le leader de la Chambre ne compte pas tenir un vote d’ici la pause estivale.

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