Des artistes investissent le Forum romain

Rome – Dix-sept artistes contemporains italiens ont pris possession des espaces monumentaux du Forum romain et du Palatin dans le cadre d’une exposition ouverte à partir de jeudi et consacrée aux rapports de l’art contemporain avec l’Antiquité.


Les oeuvres de ces artistes, éparpillées aux quatre coins de ce complexe sans équivalent de ruines et monuments au coeur de Rome, ont pour la plupart été réalisées spécialement pour cette exposition, baptisée Post-classici.


Les artistes invités sont aussi bien des membres du mouvement de l’arte povera - Kounellis, Pistoletto, Paolini - que des figures plus isolées - Parmiggiani, Beecroft - ou des grands photographes, comme Mimmo Jodice.


« Ce qui les rapproche, c’est le besoin de réinventer les thèmes fondamentaux du classicisme, au point de les rendre méconnaissables, a expliqué mercredi à la presse le conservateur de l’exposition, Vincenzo Trione. Ils agissent à travers des citations, en équilibre entre respect et transgression. […] Ils ne réalisent pas de fidèles copies, ils ne mettent pas la culture du passé sur un piédestal, mais privilégient la discontinuité et la marge », a-t-il ajouté.


Dans la niche du temple de Vénus et de Rome trône ainsi Vénus aux chiffons, une oeuvre de Michelangelo Pistoletto à la présence insolite : une statue de déesse blanche fait face à un énorme tas de chiffons multicolores.


Sur les murs du musée du Palatin, écrin des sculptures antiques retrouvées sur le site, ont été suspendues des photos noir et blanc de Mimmo Jodice représentant en les transcendant des fragments de ces oeuvres ayant subi les outrages du temps.


Plus loin, au stade Palatin (en fait un immense jardin entouré d’un portique), une reproduction de temple en métal signée Gregorio Botta abrite une fontaine dont le murmure restitue la magie des jardins romains.


D’autres oeuvres ont été installées au temple de Romulus, à la vigne Barberini et au cryptoportique de Néron, permettant aux visiteurs d’allier le plaisir de la promenade à la découverte du travail des artistes invités.


Une initiative saluée par la conservatrice en chef des biens archéologiques de Rome, Mariarosaria Barbera : « Grâce au travail des artistes, qui dialoguent avec les icônes du classicisme, l’antique revit avec une nouvelle force expressive et émotionnelle. »