Montréal - Michel de Broin s’expose au MAC

Jérôme Delgado Collaboration spéciale
Dead Star (2008), une œuvre de Michel de Broin fabriquée par accumulation de piles usagées
Photo: Source Michel de Broin / MACM Dead Star (2008), une œuvre de Michel de Broin fabriquée par accumulation de piles usagées

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Des figures d’hier et d’aujourd’hui venues d’ici et des États-Unis seront à l’honneur, cet été, dans les expositions de Montréal. Mais c’est un artiste local qui est le plus attendu.

Depuis vingt ans, la pratique de Michel de Broin, multiforme et conceptuelle, s’impose comme l’une des plus singulières du Québec, tant par son humour que par son sens critique avisé. Prix Sobey 2007, le Montréalais, qui a exposé dans des institutions prestigieuses de Québec comme de Paris, New York et Berlin, n’a pourtant jamais eu d’expo solo à Montréal digne de sa réputation. Cet été, le Musée d’art contemporain (MACM) réparera, enfin, cet oubli.


Importante par le nombre d’oeuvres réunies - une trentaine -, l’exposition Michel de Broin offrira le premier bilan critique du travail de l’artiste, né en 1970. Réalisés au cours des dix dernières années et, dans plusieurs cas, réactualisés pour l’occasion, les sculptures, dessins, photos et films exposés consacreront une pratique axée sur la remise en question des systèmes en place.


Montée par Mark Lanctôt, l’expo pointera des thèmes chers à l’artiste tels que la résistance, le recyclage ou la clandestinité. Parmi les pièces annoncées, notons Dead Star (2008), une oeuvre fabriquée par accumulation de piles usagées, ou Blowback (2013), où deux canons sont reliés bouche à bouche.


La seconde exposition estivale du MACM est une suite de la participation du musée au projet Montréal/Brooklyn de l’an dernier. L’artiste new-yorkaise Eve Sussman, qui bénéficiera pour l’occasion de son premier solo au Canada, proposera une « exploration fantastique, annonce-t-on, de l’espace et du temps, de l’utopie et de la dystopie ».


Les oeuvres réunies - films, vidéos, installations et photographies - s’inspirent du célèbre Carré blanc sur fond blanc de Kazimir Malevitch. Eve Sussman a atteint une réputation internationale avec des vidéos inspirées de classiques de la peinture tels que Les ménines de Diego Velázquez.


Les deux expositions seront inaugurées le 24 mai, à temps pour la Journée des musées montréalais.

 

Du verre au MBAM


Le Musée des beaux-arts (MBAM) consacre son été à Dale Chihuly, un verrier de grande réputation originaire de l’État de Washington. Décrit comme le « Tiffany de notre temps », l’artiste a même un musée à son honneur, le Chihuly Garden and Glass de Seattle. L’exposition Chihuly, qui débutera le 8 juin, proposera des environnements enchanteurs suscités par des installations de verre, hautes en couleurs, en reflets et en motifs organiques et végétaux.


Le jardin de sculptures du MBAM est devenu une attraction estivale, voire un des plus importants ensembles d’art public en ville, avec sa vingtaine d’oeuvre d’artistes d’ici et d’ailleurs. Pour un deuxième été, l’avenue du Musée, qui se transforme en artère piétonne, accueille une intervention éphémère de Claude Cormier, architecte de paysage québécois, intitulée TOM2 (Champs de pavots).


Le musée McCord investit lui aussi l’espace public depuis plusieurs étés. Le projet Forêt urbaine transforme la petite rue adjacente à son bâtiment en terrasse où interviennent architectes de paysages et artistes de la scène.


Chez DHC


Le MACM ne sera pas le seul à accueillir Brooklyn dans ses murs. La fondation DHC l’imitera. À l’honneur : un spécialiste de l’art informatique, qu’il teinte d’accents pop. Né en 1978, Cory Arcangel présentera lui aussi son premier solo d’importance au Canada.


Musique pop revisitée, jeux vidéo trafiqués et série de projets tout aussi décapants composent cette vaste exposition. Deux oeuvres majeures d’Arcangel font partie de la sélection : Sweet 16 (2006), une envoûtante projection à double écran qui juxtapose deux clips de Guns N’ Roses, et AUDMCRS Underground Dance Music Collection of Recorded Sound (2011-2012), une collection de 800 vinyles de musique électronique. L’exposition Cory Arcangel. Power Points, signée du commissaire attitré de la DHC, John Zeppetelli, sera présentée à compter du 21 juin.

 

À la Fonderie


Enfin, la Fonderie Darling ira de son habituel programme estival, avec plusieurs expositions à l’affiche. La grande salle sera transformée sous la touche de l’artiste de Toronto Yam Lau, qui présentera des vidéos dans un aménagement soigné, composé de pavillons et d’allées de jardins. L’expo A World is a Model of the World multipliera les points de vue en faisant appel à des images en temps réel.


Dans la petite salle, Virginie Laganière, de Montréal, proposera avec Solid Void un regard critique sur l’architecture et l’héritage soviétiques. Enfin, la « place publique », partie de la rue Ottawa devant la Fonderie Darling, sera occupée par le collectif BGL, à l’humour irrévérencieux. Son installation-bar-fumoir, intitulée Chicha Muffler et déjà présentée à Québec et à Londres, fait du pot d’échappement d’une voiture renversée son élément central, son point de ralliement.


Quatre soirées de performances en plein air sont au programme. Les expos seront quant à elles inaugurées le 6 juin, lors d’une soirée festive où la Fonderie Darling ouvrira au public les trois étages de ses ateliers.


Collaborateur