La fondation Derouin entre dans l’ère de la commercialisation

La directrice général des Jardins du précambrien, Marie-Claude Cossette, en compagnie de la commissaire invitée, Chloë Charce, et du fondateur des lieux, René Derouin.
Photo: Roger Lemoyne La directrice général des Jardins du précambrien, Marie-Claude Cossette, en compagnie de la commissaire invitée, Chloë Charce, et du fondateur des lieux, René Derouin.

Après près de 20 ans d’existence, les Jardins du précambrien, nom de la vaste étendue boisée de la Fondation Derouin de Val-David, entament en 2013 une nouvelle ère. Finie l’ambiguïté de son événement estival, supposé annuel, mais qui ne l’était pas dans les faits. Le Symposium international d’art in situ qui y prend place depuis 1995, rebaptisé « d’art nature », sera renouvelé chaque été. Dotée d’un budget de 350 000 $, la manifestation bénéficiera désormais d’un financement annuel, et non biennal, comme c’était le cas.


« C’est terminé la grosse année, la petite année, l’année 1, l’année 2. Ça mêle tout le monde et les gens attendent la grosse année pour venir. On ne peut pas développer une offre touristique avec ce genre d’offre », s’exclame Marie-Claude Cossette, directrice générale des Jardins du précambrien, qui travaille aussi sur un éventuel agrandissement du site et sur une programmation douze mois sur douze.


Arrivée au printemps 2012 en relève à René Derouin, l’âme fondatrice des lieux, Marie-Claude Cossette procède à une mise à jour qu’elle considère comme nécessaire pour mieux « définir notre marque ». Nouveau site Web, qui deviendra boutique en ligne et base de données, nouveau logo, nouvelle approche. Les sentiers aménagés en forêt pour accueillir des sculptures, longs aujourd’hui de trois kilomètres, restent quant à eux le poumon de ce « territoire art et nature » et de son symposium.


« On est un événement de contenu d’abord et avant tout, dit Mme Cossette, qui possède plus de 20 ans d’expérience dans le domaine des arts de la scène. La commercialisation vient ensuite. Mais elle ne s’était jamais vraiment faite. »


La diplômée en gestion des organismes culturels garantit que son « virage commercialisation » ne se fera pas au détriment ni de la qualité ni de la préservation raisonnable du site. René Derouin, qui célébrait dimanche ses 77 ans, demeure directeur artistique, le « gardien de l’image », comme l’appelle Marie-Claude Cossette. Chaque nouveau sentier sera dessiné par lui. Signe des temps, néanmoins, le céramiste et graveur, Prix Borduas 1999, n’assistera pas, jeudi, au dévoilement des artistes du prochain symposium. Actuellement en Europe, il se consacre aujourd’hui essentiellement à son oeuvre personnel.


Le Symposium international d’art nature 2013, prévu du 6 juillet au 20 octobre, sera chapeauté de la thématique Lieux/Lieues. Les six artistes retenus, tous des Amériques comme à l’habitude chez Derouin, cultivent une définition élargie du territoire.


« L’idée est d’outrepasser le territoire physique et géographique, explique la commissaire invitée, Chloë Charce. Certains artistes exploreront une territorialité plus immatérielle, imaginaire, intérieure, d’autres une plus temporelle, liée au quotidien. Il y en a qui fabriqueront des installations monumentales, d’autres travailleront avec un souci du détail, en finesse. »



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