La Cour tranche en faveur du photographe William Eggleston

La Cour new-yorkaise a débouté le collectionneur Jonathan Sobel à l’issue d’un procès intenté par ce dernier contre le photographe William Eggleston. Déposée en avril 2012, la poursuite alléguait que l’artiste, en produisant des réimpressions numériques de plusieurs de ses photos célèbres, avait diminué la valeur des tirages originaux.


En mars 2012, William Eggleston a en effet vendu chez Christie’s 36 agrandissements numériques d’oeuvres antérieures appartenant pour la plupart à sa série Mississippi Delta, réalisée vers la fin des années 1970. La vente a connu un vif succès. Un agrandissement de Memphis (Tricycle) mesurant 5 pieds de haut a été adjugé à 578 500 $. Or Jonathan Sobel a autrefois payé 250 000 $ pour un tirage original de 17 pouces de la même oeuvre.


Dans son jugement de 20 pages rendu le 28 mars dernier, la juge Deborah Batts déclare : « Bien que les tirages de l’édition limitée et ceux de l’édition subséquente aient tous été produits à partir des mêmes images, ils sont nettement différents. » La cour estime que le photographe serait en faute s’il avait créé de nouvelles éditions de « l’édition limitée » en utilisant les mêmes procédés de développement et de transfert que pour les tirages originaux. « William Eggleston a profité de la vente chez Christie’s, mais pas au détriment de Jonathan Sobel », conclut la juge Batts.


Le plaignant, qui possède près de 200 tirages du photographe, s’est dit déçu. « La valeur commerciale de l’art est subordonnée à sa rareté, et si vous produisez une plus grande quantité de quelque chose, cela devient moins précieux », croit-il. Ce jugement était très attendu par les photographes et les artistes qui travaillent en série.

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