Jean-Luc Martinez est le nouveau patron du Louvre

Jean-Luc Martinez devrait avoir la mission de mettre un terme à l’expansion à l’étranger du musée parisien.
Photo: Agence France-Presse (photo) Miguel Medina Jean-Luc Martinez devrait avoir la mission de mettre un terme à l’expansion à l’étranger du musée parisien.

Ce ne sera pas la Montréalaise Nathalie Bondil mais plutôt Jean-Luc Martinez, conservateur maison, qui dirigera dorénavant le Louvre, le plus grand musée du monde par sa fréquentation. Le choix a été dévoilé mardi soir par le président français François Hollande.

Mme Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, elle-même diplômée de l’École du Louvre, s’était retrouvée sur la courte liste des candidats potentiels sans jamais avoir sollicité le poste prestigieux. Flattée que son nom circule, elle avait affirmé son intention de rester à Montréal.


Historien de l’art et spécialiste de la sculpture grecque, Jean-Luc Martinez devrait avoir la mission de mettre un terme à l’expansion à l’étranger du musée parisien. M. Martinez devra toutefois mener à bien le Louvre Abou Dhabi, décidé par l’opposition de droite lorsqu’elle était au pouvoir, et dont l’ouverture au public est attendue début 2016. Le nouveau directeur succède à Henri Loyrette, qui a annoncé mi-décembre qu’il ne souhaitait pas postuler à sa succession en avril après 12 ans à la tête du grand-duché de l’art.


Agrégé d’histoire et archéologue, conservateur général du Patrimoine, Jean-Luc Martinez a été membre de l’École française d’Athènes (1993-1996). Âgé de 48 ans, érudit, il maîtrise le grec et le latin, l’anglais, l’allemand, l’espagnol ou l’italien, en plus de se débrouiller en japonais.


La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a souligné le « parcours républicain » du nouveau directeur. « C’est quelqu’un qui est issu d’un milieu modeste et qui a gravi tous les échelons, en devenant d’abord agrégé d’histoire puis conservateur du patrimoine », notamment, a-t-elle dit.


Entré au Louvre en 1997, il était directeur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines depuis 2007. Spécialiste de la sculpture grecque et soucieux de faire partager la culture à un large public, M. Martinez s’est beaucoup investi dans le musée du Louvre-Lens, qui a ouvert ses portes début décembre sur un ancien carreau de mine dans le nord de la France.


La ministre de la Culture a expliqué à l’AFP qu’elle souhaitait « un changement par rapport à une logique d’expansion du Louvre qui avait toute sa justification jusqu’à présent, mais qui aujourd’hui doit être réorientée pour permettre la meilleure satisfaction des visiteurs, pour leur donner envie de revenir ».


Selon elle, le futur directeur devra avoir « un lien très fort avec l’ensemble du territoire national » et participer « à la grande opération de circulation des oeuvres du musée ». Elle souhaite également qu’il « développe une politique de démocratisation de l’accès à la culture, de l’accès aux oeuvres ».


À Abou Dhabi, la construction du Louvre s’inscrit dans le cadre de la création d’un district culturel sur l’île de Saadiyat, y compris également un musée national et un musée Guggenheim. Conçu par l’architecte français Jean Nouvel et inspiré par l’architecture traditionnelle arabe, ce « Louvre des sables » (64 000 mètres carrés) sera surmonté d’un dôme reprenant à l’infini le motif des feuilles de palmier qui s’entrecroisent, laissant passer la lumière.

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