À portraits tirés


	Le peintre Edward Hopper aimait le cinéma, qui le lui rendait bien ; de nombreux cinéastes se sont inspirés de son esthétique. Il a droit à un portrait révérencieux dans La toile blanche d’Edward Hopper. Ci-dessus, sa toile Nighthawks.
Photo: Ideale Audience/The Art Institute of Chicago
Le peintre Edward Hopper aimait le cinéma, qui le lui rendait bien ; de nombreux cinéastes se sont inspirés de son esthétique. Il a droit à un portrait révérencieux dans La toile blanche d’Edward Hopper. Ci-dessus, sa toile Nighthawks.

Fouillé et révérencieux à l’égard du peintre francophile, La toile blanche d’Edward Hopper fut réalisé par Jean-Pierre Devillers pour le compte d’Arte. Tel un écho à la toile blanche du grand écran qu’affectionnait tant Edward Hopper (1882-1967), un canevas vierge surgit au détour des différents chapitres subliminaux qui ponctuent le documentaire. Il faut dire que le cinéma retourna souvent le compliment à l’artiste, nombre de cinéastes s’étant inspirés de son oeuvre, de Dario Argento à Wim Wenders. Ce dernier, d’ailleurs, vient confirmer en avoir fait son influence visuelle principale, extrait de Paris, Texas à l’appui.


Fascinante, la période parisienne voit les tableaux de Hopper commentés par lui-même, en quelque sorte, alors que sont lus des passages des lettres qu’il écrivit à sa mère à cette époque.


Fluide, le documentaire maintient l’intérêt et informe sans pécher par excès de didactisme. « Il a transformé le puritain en lui en puriste, changé le rigorisme moral en précision stylistique », affirme-t-on par exemple après avoir expliqué la foi baptiste dans laquelle grandit le peintre.

 

Capter le mouvement


Artiste de l’attente, Edward Hopper immortalisait volontiers des décors vides ou dans l’expectative d’une action. À l’inverse, George Bellows s’appliquait à rendre compte de l’animation urbaine, de l’expansion des villes, et surtout, de la vie qui y grouillait. Des toiles comme River Front, qui montre une masse compacte, mais désordonnée de baigneurs sur la rive de la rivière Hudson, ou encore Cliff Dwellers, qui restitue de manière saisissante une scène du quotidien croquée dans le Lower East Side de New York, sont à cet égard très représentatives.


Né à la même année que Hopper, Bellows mourut à 42 ans des suites d’une péritonite. Signé David Hammer, le court-métrage documentaire George Bellows est présenté à la suite de La toile blanche d’Edward Hopper, un programme double inspiré.


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Artistes visuels à l’écran

Les portraits d’artistes visuels sont nombreux au FIFA :

Yann Kersalé, les aventures de la lumière, sur le sculpteur de lumière et chantre du land art
William Kurelek’s The Maze, sur le défunt peintre canadien dont le tableau The Maze se voulait la représentation de sa vie tourmentée
Rolf Iseli, dialogue avec les traces du temps, sur la série d’œuvres que l’artiste suisse consacra aux traces fossilisées découvertes sur le site d’une autoroute.

L’horaire des projections à artfifa.com.

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