Prix Pritzker d'architecture - Toyo Ito, inclassable liberté

L’architecte aura acquis une célébrité imprévue lors du séisme de 2011 dans la région de Tohoku, au cours duquel les villes de Fukushima et de Sendai furent touchées. La médiathèque de Sendai, édifice emblématique de l’architecte, résiste remarquablement, et le jour même, des vidéos impressionnantes montrant le comportement de la structure font le tour d’Internet. Passionné par les nouvelles technologies, qu’il s’agisse de matériaux, de résistance ou d’électronique, Ito a déployé là un trésor d’ingéniosité.


Né en 1941, à Séoul, de parents japonais, Toyo Ito ne se découvrit un réel intérêt pour l’architecture qu’une fois entré à l’Université de Tokyo, où il obtient son diplôme en 1965. Il entre alors dans l’agence de Kiyonori Kikutake, l’un des patrons du mouvement métaboliste, célèbre pour l’originalité « futuriste » de ses réalisations. Lorsque Ito ouvre sa propre agence, il lui donne d’abord pour enseigne Urbot (Urban Robot), une indication sur ses choix initiaux, mais huit ans plus tard, son atelier reprend son propre nom (Toyo Ito Associés), signe peut-être d’une plus grande sûreté.

 

Atypique


Son travail sera resté inclassable tout au long de sa carrière, et à tout le moins difficile à présenter en catégories simples. Pour faire court, il opte souvent pour le métal dans un pays où le béton est la marque de fabrique des plus grands (Kenzo Tange, Tadao Ando). Ses bâtiments n’ont aucune constante formelle, relevant d’une permanente recherche de la liberté créatrice, Meccano sans cesse renouvelé et volontiers complexe.


Il éprouve manifestement une grande passion pour les formules techniques les plus élaborées ou simplement les plus inattendues. Et toujours avec la même liberté, il montre, ou ne montre pas, les procédés constructifs qu’il met en oeuvre (boulons, tirants, câbles, etc.) et passe sur le plan formel d’un registre à l’autre avec la légèreté pour seul souci.

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