L’héritage dynamique de l’architecte Melvin Charney

Ces trois sculptures signées Nicolas Reeves sont chacune inspirées par une mélodie ancienne qui berce le visiteur de l’exposition.
Photo: Raphaël Thibodeau Ces trois sculptures signées Nicolas Reeves sont chacune inspirées par une mélodie ancienne qui berce le visiteur de l’exposition.

Qu’ont en commun le nouveau Planétarium de Montréal, la collection d’objets et de meubles La ville nouvelle de la designer Nathalie Jean et la scénographie de L’opéra de quat’sous du théâtre Sibyllines ? Ils portent tous l’héritage dynamique de l’architecte Melvin Charney et sont réunis dans l’exposition Vive la ville ! qui lui rend hommage au Centre d’exposition de l’Université de Montréal (UdM), jusqu’au 17 mars.

En tout, une cinquantaine d’oeuvres et de projets d’architecture, mais aussi d’aménagement urbain, d’art visuel, vidéo ou textile, de scénographie et de design évoquent l’enseignement du professeur et cofondateur de l’École d’architecture de l’UdM, décédé l’automne dernier, qui n’a cessé de penser la ville.


Irena Latek, collègue de Charney et cocommissaire de l’exposition avec Alan Knight, a évité de répéter la rétrospective de 1993 qui proposait les dessins originaux issus du prolifique atelier d’architecture urbaine (AU) mis sur pied par l’architecte en 1978.


« Nous avons souhaité donner à l’exposition l’aspect de l’actualité, quelque chose qui tient de l’héritage, mais projeté dans le futur, et non une espèce de musée de l’atelier d’architecture urbaine des années 90 », explique-t-elle au Devoir.


Un appel a donc été lancé à tous les anciens étudiants de l’AU jusqu’en 1995, date à laquelle le professeur s’est retiré pour se consacrer à ses propres concepts.


Les projets soumis, essentiellement par des architectes très actifs à Montréal (et quelques exilés en Europe), enseignant ou ex-professeurs de l’École, sont à peu près tous exposés, de la tour de condos Le Séville signée Johanne Godin, sous l’égide de la firme Cardinal-Hardy, à la résidence Casgrain d’Annie Lebel (In situ) en passant par les sculptures de Nicolas Reeves, tous portent le sceau d’une modernité architecturale en résonance avec les préoccupations sociopolitiques de Charney.


Celui-ci plaidait pour une architecture urbaine non élitiste, définie en fonction des besoins des citoyens plutôt que générée par les seules règles de composition. Il nous a laissé, par exemple, le parc attenant du Centre canadien d’architecture et la place Émilie-Gamelin.


Le prochain numéro de la revue ARQ - Architecture Québec prolongera l’hommage en mai.

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