Passation des pouvoirs à la Biennale de Montréal

Nicole Gingras sera à la barre de la Biennale de Montréal.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Nicole Gingras sera à la barre de la Biennale de Montréal.

La Biennale de Montréal (BdM) change de tête et annonce les cocommissaires de la huitième mouture. Près de 15 ans après avoir fondé l’événement, le directeur général et artistique de l’événement, Claude Gosselin, cède la barre à Nicole Gingras. Les conservateurs indépendants Peggy Gale et Gregory Burke choisiront les artistes et projets de la prochaine manifestation, qui se déroulera en septembre 2013, sur le thème L’avenir/Looking Forward.

« Je mettrai toute mon énergie afin que cette Biennale soit un événement incontournable fréquenté par tous les gens curieux de l’art », a déclaré la nouvelle directrice, qui vient de se joindre à l’équipe, quelques mois après avoir assuré le commissariat de la 6e Manifestation internationale d’art de Québec. « Une biennale offre un contexte unique pour la diffusion de l’art, mais c’est aussi un espace de réflexion et de recherche, une grande et fascinante machine à penser la création. »


Ouverte aux collaborations avec d’autres présentateurs tant que « l’identité propre de l’événement est respectée », elle veut d’abord sonder le milieu, écouter les gens, artistes et diffuseurs et mener à bien cette première BdM sous son égide en soutenant les commissaires, choisis avant qu’elle n’entre en poste. Elle disposera d’un budget d’un peu plus d’un million de dollars (sur deux ans d’activités).


« Pour l’instant, mon rôle est de faire en sorte que les artistes sélectionnés soient bien présentés », dit celle qui a elle-même organisé de nombreuses expositions individuelles et collectives d’artistes québécois, canadiens et étrangers, tant dans les galeries universitaires et les centres d’artistes que les grandes institutions (Musée d’art contemporain, Musée national des beaux-arts de Québec).


Nicole Gingras a même participé à un volet des Cent jours d’art contemporain de Montréal, en 1993, ancêtre de la BdM. « Il n’y a pas de rupture, l’échange est là, je suis là pour poursuivre la mission, je vais sûrement l’adapter à ma vision, mais ça va se faire progressivement. »


Les cocommissaires, venus de Toronto, vont développer ensemble le thème proposé par Gregory Burke. « L’idée est d’explorer les futurs possibles pas si loin de nous pour mieux comprendre notre présent, a précisé M. Burke, qui a dirigé The Power Plant de 2005 à 2011. Les enjeux abordés dans l’exposition seront scientifiques, politiques, technologiques », sans verser dans la science-fiction, dit celui qui a organisé plus de 90 expositions dans les 26 dernières années.


Conservatrice indépendante depuis le milieu des années 1970, Peggy Gale, qui a déjà été commissaire de la Biennale en 2000, a rencontré M. Burke il y a plusieurs années à la Biennale de Venise, dont il assurait le commissariat du volet néo-zélandais. Ils ont répondu ensemble à l’appel de commissaire de la BdM.


Claude Gosselin n’abandonne pas tout à fait le navire, puisqu’il demeure membre du conseil d’administration de la manifestation. Il mènera en parallèle ses propres projets de commissariat et d’écriture.

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