Iran : un Pollock otage d’un litige entre douanes et ministère de la Culture

Les douanes ont saisi, à son retour en Iran, un tableau estimé à 250 millions de dollars du peintre américain Jackson Pollock, prêté au Japon par le Musée d’art contemporain de Téhéran, en invoquant des impayés du ministère de la Culture, a rapporté hier l’agence Mehr.

Le Mural on Indian Red Ground, datant de 1950 et considéré comme un des chefs-d’oeuvre de Pollock, avait été prêté au début de l’année au Musée national d’art moderne de Tokyo pour une rétrospective organisée à l’occasion du centenaire du peintre.


« À son retour en Iran le 11 mai, le tableau a été bloqué à la douane à l’aéroport Imam Khomeiny » de Téhéran, a expliqué Ehsanollah Abbassi, un responsable du Musée d’art contemporain de Téhéran cité par Mehr.


« Des responsables des douanes m’ont expliqué que le ministère de la Culture avait des impayés » envers leur administration, a-t-il ajouté en précisant que le ministère n’avait pas réagi à ses appels jusqu’à présent.


« Malheureusement, le tableau est stocké dans de mauvaises conditions et il y a des risques qu’il soit endommagé », a regretté ce responsable.


Une porte-parole du musée a affirmé de son côté hier à l’AFP que le ministère de la Culture « suivait l’affaire » et espérait un « retour prochain » du Mural on Indian Red Ground au musée.

 

Une première sortie d’Iran pour la toile


C’était la première fois que cette toile monumentale (183 x 244 cm), d’une valeur estimée à 250 millions de dollars, quittait l’Iran depuis son acquisition par l’épouse du shah peu avant la révolution islamique de 1979.


Le Musée d’art contemporain de Téhéran abrite l’une des plus importantes collections d’art moderne au monde après celle des grands musées occidentaux.


Constituée pour l’essentiel sous l’ancien régime impérial, cette collection comprend près de 200 toiles des plus grands peintres modernes, de Gauguin à Warhol en passant par Picasso, Bacon, Miro ou Pollock.