Changement de garde à la Biennale

La Biennale de Montréal (BNL MTL) se cherche une nouvelle tête dirigeante. Claude Gosselin, qui mène les destinées de l’événement artistique depuis ses débuts en 1998, tire sa révérence, mais demeure membre du conseil d’administration du Centre international d’art contemporain (CIAC) qu’il a fondé en 1983 et dont relève la Biennale.

« Il est temps que je passe à autre chose, a confirmé hier au Devoir M. Gosselin, qui n’entend plus agir à titre de cocommissaire, comme il l’a fait ces dernières années. Le directeur général aura les mains libres. Il faut laisser place à quelqu’un qui a le feu sacré et qui peut apporter nouvelle flamme au projet. »


Outre ses charges administratives au CIAC, M. Gosselin compte s’atteler à d’autres projets liés au milieu des arts visuels, dont certains pourront « être réalisés sans doute à travers la structure du CIAC », précise-t-il.


« Je vais continuer à monter des expos, mais pas nécessairement à Montréal », ajoute celui qui a déjà été commissaire invité du Centro Ricerca Arte Attuale, en Italie, en 2009. L’exposition Lames, poussières, sirènes était présentée en marge de la Biennale de Venise.


Il mijote aussi des projets d’écriture. « J’ai beaucoup travaillé comme administrateur, mais je suis historien d’art et conservateur aussi, mon passé en témoigne. Et je n’ai pas eu le temps d’écrire sur les expositions que j’ai montées ou les artistes que j’ai défendus… »


Contre vents et marées


Fondateur du CIAC, M. Gosselin a organisé Les cent jours d’art contemporain de Montréal de 1985 à 1996. BNL MTL est née en 1998. L’événement, mal aimé de son milieu, a été plus d’une fois promis à une mort certaine. Un lourd déficit a retardé d’un an sa cinquième édition, qui s’est essoufflée en termes de public, obligeant d’écourter la sixième. Déficit, défection de commissaire ont alimenté les critiques qui reprochaient au directeur son manque de vision et sa soif de contrôle.


Mais la manifestation s’est finalement maintenue. Son fondateur, qui l’a tenue à bout de bras, contre vents et marées, rappelle qu’il a toujours invité des commissaires, tels Peggy Gale (2004), Wayne Baerwaldt (2007), David Liss (2011). La dernière mouture a accueilli un des plus importants contingents d’artistes étrangers de son histoire. Claude Gosselin souhaite maintenant que BNL MTL vive encore longtemps.

 

Insuffler une vision


Pour ce faire, le CIAC cherche, selon l’énoncé du concours, « un leader dynamique qui saura insuffler une vision à la BNL MTL afin de confirmer sa place comme biennale de premier plan en arts visuels au Canada ». Ses tâches consiste entre autres à « supervise[r] le travail du personnel et des commissaires invitéś ». Les candidats ont jusqu’au 31 mai pour se manifester.


La prochaine édition de BNL MTL se tiendra du 1er au 31 mai 2013. Ses commissaires seront dévoilés en septembre, en même temps que son nouveau directeur. L’ancienne École des beaux-arts de Montréal pourrait bien lui servir à nouveau de maison. Mais d’autres lieux sont aussi envisagés puisque l’édifice de la rue Saint-Urbain compte désormais de nouveaux locataires.


BNL MTL joue donc sa transition vers l’avenir, comme bien d’autres institutions québécoises longtemps dirigées par leur fondateur y sont - ou y seront - confrontées dans un avenir proche.

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