Daniele Finzi Pasca présentera La Verità en 2013 à la Place des Arts

Intitulé Tristan Fou, l’immense tulle de scène a été peint par Dalí dans les années 1940 pour le ballet Tristan et Yseult.<br />
Photo: Compagnie Finzi Pasca Intitulé Tristan Fou, l’immense tulle de scène a été peint par Dalí dans les années 1940 pour le ballet Tristan et Yseult.

L'univers surréaliste de Dalí se fondra à l'onirisme romantique de Daniele Finzi Pasca lors de la première mondiale de La Verità, à Montréal en janvier 2013, une nouvelle production rendue possible grâce à un incroyable cadeau du ciel fait à l'homme de théâtre italo-suisse.

Le poétique metteur en scène, qui excelle déjà à présenter les rêves comme la réalité, s'est vu offrir sur un plateau d'argent l'usage d'un rare tableau de scène peint par Salvador Dalí en 1940, tombé dans l'oubli depuis.

Intitulé Tristan Fou, l'immense tulle de scène, qui mesure 9 mètres de hauteur sur 15 mètres de largeur, a été peint dans les années 1940 pour le ballet Tristan et Yseult, présenté en 1944 à New York sur une musique de Wagner. En pleine guerre, le ballet, dont Coco Chanel devait signer les costumes, fut un échec. Récupérée par un collectionneur européen, la toile passa de main en main avant d'être acquise par une fondation suisse, résolue à lui donner une seconde vie sur scène.

Il y a deux ans, un ami proche de la fondation proposa le nom du metteur en scène Daniele Finzi Pasca, qui reçut, le 24 décembre, le plus surréaliste des cadeaux de Noël. «Avant même de se faire offrir cette toile, on avait l'idée d'un thème sur la vérité. On s'est ensuite dit: "Tout le monde pensera que ce Dalí est un faux!"», a lancé Daniele Finzi Pasca à la blague, qui prévoit truffer La Verità de multiples «petites inventions scéniques».

La nouvelle création dévoilera en primeur au public montréalais la toile monumentale du maître du surréalisme, grâce à un partenariat conclu avec la Place des Arts, qui en sera le coproducteur. «Nous prenons un risque avec un artiste que nous connaissons et que nous admirons. C'est notre volonté de soutenir la création d'artistes du Québec», a dit Michel Gagnon, directeur de la programmation à la Place des Arts.

L'envers de la réalité

Avec 12 interprètes sur scène, dont 4 Québécois, on retrouvera dans ce futur opus le microcosme poétique et acrobatique familier au metteur en scène, plongé dans un questionnement sur la part du vrai et du faux. «Créer des images qui viennent du monde du rêve, c'est une idée qui va très bien avec nous», a dit Daniele Finzi Pasca, à plus de neuf mois de la première. La troupe effectuera une première résidence de création cet été au Théâtre Maisonneuve, et une seconde, quelques semaines avant la première.

«Ce ne sera pas une description du travail de Dalí, mais un dialogue avec lui, prévoit-il. Le surréalisme nous fait voir le monde autrement. On va lui envoyer de petits tableaux, comme si c'était une façon de lui répondre. Maintenant, nous avons le poisson, la surprise ce sera de voir comment nous le cuisinerons.»

Présentée 13 jours à Montréal (du 17 janvier au 3 février 2013), la création prendra ensuite l'affiche en Colombie, en Uruguay, en Argentine, au Chili et au Brésil. La Verità entamera ensuite une tournée européenne en 2014 en Suisse, en Italie, en Espagne et en France. La Maison de la culture de Nevers est d'ailleurs un des partenaires associés à cette coproduction.

C'est Julie Hamelin, codirectrice de la compagnie Finzi Pasca, qui a négocié la coproduction de La Verità avec la Place des Arts. Avec Aïda (présenté au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg en 2011), Il Pagliacci (présenté au Teatro San Carlo de Naples en 2011) et le Requiem de Verdi, attendu le 20 juin 2012 à Saint-Pétersbourg, les opéras ont occupé la troupe en Europe. Mais la compagnie, après le passage de Donka: une lettre à Tchekhov à l'Usine C en 2010, espérait depuis longtemps se produire de nouveau à Montréal. «J'ai toujours pensé que notre compagnie ne devait pas perdre sa place dans le réseau du cirque contemporain, car on y a une signature très forte», a expliqué Mme Hamelin hier.