Le marché de l'art a connu une année record en 2011 en pleine crise financière

Paris — Le marché de l'art ne connaît pas la crise: le produit des ventes aux enchères dans le monde a bondi de 21 % en 2011, atteignant le niveau inégalé de 11,54 milliards de dollars, la Chine caracolant en tête avec plus de 41 % de part de marché, a annoncé hier à l'AFP la société Artprice.

Pour la première fois, les ventes de «fine art» (peintures, installations, sculptures, dessins, estampes, photographie) ont dépassé le seuil des 10 milliards de dollars, souligne cette société française qui recense les données sur le marché depuis 1987.

«Cette croissance exceptionnelle ne s'est pas estompée durant l'année», relève Thierry Ehrmann, fondateur et directeur d'Artprice, numéro un des données sur le marché de l'art.

Après un premier semestre record (6,45 milliards), le second semestre affiche 5,09 milliards, dit-il.

La Chine, qui avait pris la première place du marché de l'art en 2010, conforte son avance. Avec des ventes aux enchères de 4,79 milliards, en hausse de 38 %, elle affiche une part de marché de 41,43 %.

Les États-Unis arrivent à la seconde place, mais déjà loin derrière avec des ventes de 2,72 milliards et 23,57 % de part de marché. La Grande-Bretagne est troisième, avec des ventes de 2,24 milliards de dollars et 19,36 % du marché.

La France occupe, comme les années précédentes, la quatrième place à 521,33 millions et une part de marché de 4,50 %. «La progression de ses ventes est plus faible que dans les autres pays et sa part de marché continue à s'éroder», assure M. Ehrmann.

L'Allemagne est cinquième avec 213,97 millions de dollars et une part de marché de 1,85 %.

Par ville, la place de marché parisienne n'arrive qu'à la cinquième place, derrière Londres, New York, Pékin, Hong Kong et elle se trouve désormais à égalité avec Shanghai.

Singapour se développe avec des ventes en hausse de 22 %, à 24,5 millions de dollars.

Au total, la part de marché de l'Asie se monte à 43 % en 2011.

Et ce n'est pas fini. «Pour 2012, nous prévoyons que la part de marché de l'Asie sera au minimum de 54 %», annonce M. Ehrmann.

2012 commence fort

Pour le marché de l'art, le mois de janvier 2012 commence globalement très fort, indique-t-il. Avec la crise financière, «l'art est vraiment devenu une valeur refuge», relève-t-il.

Depuis quelques mois, les banques ont développé leurs achats d'oeuvres d'art à des fins de placement, indique-t-il.

«À partir de 15 000 euros pour une oeuvre d'art, l'acheteur ne prend pas de risque à la baisse. Au pire, il fera une opération neutre», assure M. Ehrmann. «Et à partir de 150 000 euros, l'acheteur est assuré d'avoir une progression annuelle de 12 % à 15 % de son investissement dans les années à venir», ajoute-t-il.

«Dans les années 1950, il y avait 500 000 de collectionneurs. Maintenant, il y a 300 millions "d'art consumers" [amateurs, collectionneurs d'oeuvres d'art...]», explique M. Ehrmann.

La plus haute enchère de l'année 2011 s'est élevée à 57,2 millions de dollars pour une oeuvre de l'artiste chinois Qi Baishi Eagle Standing on Pine Tree, vendue le 22 mai à Pékin.

Les enchères «millionnaires» (au-dessus du million de dollars) ont été au nombre 1688, dont 774 en Chine.

Artprice ne recense que les données de ventes aux enchères d'oeuvres d'art. Mais il y a également les ventes privées. Et là aussi les prix flambent.