Vers un prix Mathieu Lefèvre

La famille de l'artiste Mathieu Lefèvre, happé mortellement par un camion à New York en octobre, souhaite créer une fondation en son nom. Le prolifique artiste, mort dans la fleur de l'âge à 30 ans, cumulait déjà une vingtaine d'expositions solo, dont une toute récente à la galerie Division, qui le représentait à Montréal.

«La fondation permettrait de créer un prix Mathieu Lefèvre pour les artistes émergents», a indiqué Hugues Charbonneau, codirecteur de la galerie, contacté par Le Devoir. Le galeriste rencontre d'ailleurs aujourd'hui la mère de l'artiste, Erika Lefèvre, pour en discuter.

Né en Alberta, Mathieu Lefèvre a vécu à Montréal avant de s'installer à Brooklyn en 2010. La Hole Gallery du Bow District exposait son travail, déjà réputé pour sa fraîcheur et sa critique caustique des conventions de l'art contemporain et de la culture savante. M. Charbonneau estime à environ 200 le nombre d'oeuvres qu'il a laissées. La galerie Division en avait déjà acquis quatre, exposées dans le hall d'entrée de l'Arsenal, nouveau lieu d'art contemporain dans le sud-ouest de Montréal.

Hier, Mme Lefèvre participait à une manifestation devant les quartiers généraux de la police de New York (NYPD) pour demander une enquête complète sur la mort de son fils. Une pétition circule (http://tracysooming.com/mathieu/) pour que les autorités s'attellent à faire appliquer les règles de circulation et de sécurité les plus élémentaires. Aucune accusation criminelle n'a été portée contre le camionneur qui a frappé l'artiste à vélo le 18 octobre dernier.

À Montréal, Mouvement art public et l'artiste Roadsworth préparent deux installations artistiques en l'honneur de Mathieu Lefèvre, selon le site Canoe.