Art contemporain - La foire Papier, grand format

Loin de l'intimité du Westmount Square qui a vu naître la foire en 2007, celle-ci entame demain sa plus grande entreprise de séduction à ce jour. La foire est plus grande que jamais: 38 kiosques cette année, soit plus du double par rapport aux premières éditions.

Plus de qualité aussi: de gros noms d'ici se sont ajoutés, dont les galeries René Blouin,

Roger Bellemare et Graff, ainsi qu'une prestigieuse délégation venue de Toronto, avec la Paul Petro Contemporary Art, la Susan Hobbs Gallery et la Jessica Bradley Art + Projects.

«Depuis l'an dernier, nous avons noté la croissance de Papier», dit Jessica Bradley pour expliquer sa venue à Montréal. Elle se réjouit d'ailleurs de voir que «parmi les meilleures galeries de Montréal, celles avec qui on partage des affinités viennent aussi de se joindre à la foire».

De 2500 à 3000 visiteurs attirés lors des éditions 2007 et 2008, la foire en a accueilli plus de 7000 l'an passé, alors que l'événement se tenait dans une caserne militaire. Un vrai succès qui a entraîné la nécessité de trouver pour cette année un espace beaucoup plus vaste.

Même des Goya


La foire compte attirer au moins 10 000 visiteurs en s'établissant au coeur du Quartier des spectacles. «Nous tenions à rester au centre-ville de Montréal. Nous avons visité de nombreux lieux, mais peu étaient assez grands et tous représentaient de grands défis techniques et financiers», dit Jean-François Bélisle, directeur de l'AGAC.

«L'idée d'une structure adaptée à nos besoins, située exactement où l'on veut, s'est rapidement imposée, poursuit-il. J'en ai parlé aux gens du Quartier des spectacles et ils en ont été emballés. Ce type de structure pour les foires est très commun hors Canada (Frieze à Londres, certaines foires de Miami, New York, Paris, etc.). On n'invente pas la roue, mais on importe à Montréal une solution qui a déjà fait ses preuves.» Le pari d'une telle visibilité comporte cependant une prise de risque financier.

Parmi les choses à voir, notons les présentations sur un mode tournant par la galerie Joyce Yahouda, qui affichera vendredi les dessins de Massimo Guerrera, samedi ceux d'Adrian Norvid et dimanche les photos de Milutin Gubash. Les montages sculptés de Raphaëlle de Groot seront exposés, parmi d'autres, au kiosque de Graff. De Toronto, l'offre sera aussi variée si l'on se fie au menu de la galerie Susan Hobbs, qui apporte des aquarelles abstraites de Patrik Howlett ou des photographies urbaines de Didier Courbot. À la table de la galerie Battat, un des plus jeunes membres de l'AGAC, on pourra même voir des... Goya!

Comme quoi «l'art contemporain» a le dos large.

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Collaborateur du Devoir

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