Exposition - Les risques de la jeunesse

Les expositions étudiantes ne sont plus rares, et le fait d'en parler ne doit plus tenir à une invitation à l'inusité. Ni à une mise en garde devant l'extravagance insouciante de la jeunesse. Elles sont pour la plupart du temps d'un beau professionnalisme. Celle-ci, par exemple, intitulée Entre deux feux, qui regroupe le travail de 23 finissants du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l'UQAM. Si on en parle, c'est bien parce qu'elle vaut, simplement, le détour.

Tout un détour: l'expo prend forme dans Griffintown, ce quartier entre deux vies, en retrait de l'offre culturelle. Elle a été montée dans la New City Gas, bâtiment clé du Montréal du XIXe siècle, aujourd'hui sans fonction. Les étudiants l'ont d'ailleurs mis dans un bel état, lui donnant même des couleurs fraîches et vives — ce dont profite Tommy Poirier pour établir une sorte de local anarchiste mais accueillant, à la manière d'un Mathieu Beauséjour. Le projet de fin d'études impliquait aussi cela, le montage d'une expo, tant sur le plan physique que financier.

Bouillonnement créatif

Le contenu, éclaté et diversifié, donne une bonne idée du bouillonnement créatif qui se mijote dans nos écoles. L'accueil est fait par une vidéo-performance in situ de Catherine D'avril, basée sur des images en miroir. Ça se poursuit dans le corridor avec une collecte d'artefacts aussi précieux que banals, disposés dans de jolis boîtiers. Dans la grande salle, il y a de la photo documentaire, un plan fictif de Montréal, des dessins en trompe-l'oeil et même une installation déroutante et critique du cube blanc. Vertige assuré.

L'expo, de courte durée, se termine demain, et aujourd'hui le lieu demeurera ouvert jusqu'à 21 h.

Collaborateur du Devoir