Art contemporain - Déferlement québécois à New York

Kiev XVI, une photographie de la Montréalaise Éliane Excoffier qui sera offerte aux regards du public new-yorkais à l’occasion de la grande foire quasi centenaire de l’Armory Show.<br />
Photo: Éliane Excoffier Kiev XVI, une photographie de la Montréalaise Éliane Excoffier qui sera offerte aux regards du public new-yorkais à l’occasion de la grande foire quasi centenaire de l’Armory Show.

Quinze de nos galeries d'art et autant sinon plus de nos artistes seront vus à New York ces jours-ci dans des foires d'art contemporain qui se déroulent à l'occasion de la doyenne de ces manifestations: l'Armory Show. Une vraie déferlante qui marque les progrès de l'art contemporain d'ici sur la scène internationale.

Tiré par une locomotive nommée AGAC (Association des galeries d'art contemporain), tout un train d'oeuvres québécoises débarque à New York cette semaine. L'occasion est belle: cinq jours de foires d'art parmi les plus denses s'y amorcent dès aujourd'hui. La presque centenaire Armory Show tire dans son sillage dix de ses semblables. On trouve des artistes d'ici aussi bien à la digne Armory Show que dans les autres événements.

«Tout est arrangé pour que les gens puissent tout voir. Il y a des vernissages mercredi matin, mercredi soir, puis jeudi, matin et soir», résume Jean-François Bélisle, directeur de l'AGAC. Cette frénésie, il la connaît comme visiteur. Là, il se lance comme exposant.

Dans ses valises: Extreme Gestures, Showcase of Montreal Art, une exposition éclatée, avec 13 galeries, inspirée par la série de manifestations de l'été dernier à Montréal, Peinture extrême.

Quinze de nos galeries, autant sinon plus de nos artistes, passeront par l'une des foires, sous le chapeau de l'AGAC ou non. À la Volta Show, basée sur le principe d'une galerie un artiste, Pierre François Ouellette Art contemporain présente le peintre Dil Hildebrand, alors que la Parisian Laundry y va avec BGL. Art Mûr et SAS seront à la Pulse Contemporary Art Fair et la galerie d'Este aura son stand à la Scope Art Show. Du jamais vu.

Pour Jean-François Bélisle, c'est un signe que la situation, ici, s'améliore. «On sent un développement du milieu, dit-il. Des banquiers, des ingénieurs, des avocats commencent à s'intéresser à l'art contemporain. Ça se traduit par une plus grande fréquentation des expos, par plus d'argent.» Avec ces bases plus solides, les galeries «sortent des sentiers battus, osent plus».

La galerie Pierre-François Ouellette fréquente les foires, surtout européennes, depuis un moment. Le «risque financier de présenter des solos» qu'il associe à Volta, il le prend pour une deuxième fois. Avec confiance. Hildebrand, assure-t-il, est «le premier Québécois à avoir une recension dans Modern Painters» (septembre 2010). La direction de la foire se vante du fait que «17 des 50 plus grands collectionneurs des États-Unis énumérés par The New York Observer sont des fidèles de Volta».

L'AGAC n'aura pas de stand comme tel à l'Armory Show, mais plutôt un espace en bordure immédiate de l'événement. «Un kiosque, selon Jean-François Bélisle, ne met pas en valeur notre diversité. Il y en a 200 autres autour, l'espace est limité.» Un choix également économique. Un stand à l'Armory coûte 5000 $ par jour. L'AGAC déboursera «moins que ça, pour la semaine»...

«C'est un premier pas dans les grandes capitales de l'art contemporain», confie son directeur, qui reconnaît que l'espace loué est plus petit qu'une galerie du Belgo. Un développement prochain est prévu. Nouvelle exposition d'abord à Miami en décembre, puis un espace plus vaste à New York en 2012.

Pour attirer les regards, l'association montréalaise tient à New York une soirée avec des collectionneurs et un brunch avec des conservateurs et des critiques. Deux événements organisés avec l'appui de l'Armory Show, qui a fourni sa liste VIP.

L'Armory Show

L'AGAC ne sera pas dans la fosse aux lions de l'Armory Show, mais son alter ego canadien, l'Art Dealers Association of Canada, oui. Et à travers elle, on trouve des artistes québécois. La galerie Simon Blais exposera deux photographes: Michel Campeau et Éliane Excoffier.

Extreme Gestures porte la signature de Denise Markonish, conservatrice du MASS MoCA (musée du Massachusetts), qui prépare pour 2012 une grande exposition d'art contemporain canadien. À l'Armory Show, Jean-François Bélisle donnera aussi une communication.

Les David Altmejd et Marc Séguin figurent en bonne place dans les stands de leurs galeries new-yorkaises. Marc Séguin présentera par ailleurs de nouvelles toiles à New York, à la galerie Mike Weiss, du 24 mars au 30 avril.

Le succès de toute cette opération new-yorkaise se mesurera d'abord par la multiplication des liens et, à terme, par le développement des ventes. Une percée chez le géant voisin prend forme.

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • frederic Pierre - Inscrit 31 mars 2011 03 h 47

    "ne pas oublier".

    * Ne pas oublier : Aucune gallerists sont mecenes, et les foires ne sont que des Halles qui vendent des produit divers, rien de plus. Aucun critere de qualite, verite ou honnetete. Comme pour les Halles beaucoup d'invendus irons a la poubelle (ce que cette article ne dit pas).
    A bientot, frederic pierre, provence, france.