La tare de l'Assassin

Ezio, l’un des personnages du monde d’Assassin’s Creed, objet d’une exposition à Montréal.
Photo: Source Ubisoft Ezio, l’un des personnages du monde d’Assassin’s Creed, objet d’une exposition à Montréal.
L'exposition présentée à la galerie Yves Laroche sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal est absolument époustouflante! Ce n'est pas une expo-vente, donc je n'éprouve aucune gêne à vous en parler. On y présente des reproductions sur canevas de personnages de l'histoire et de quelques scènes de Rome, de Florence et de Venise qui ont servi de toile de fond à la création du jeu.

Assassin's Creed Brotherhood, le troisième volet, a nécessité le travail de plus de 300 personnes: ingénieurs, graphistes, illustrateurs, durant 18 mois. Olivier Martin, l'un des illustrateurs de cette série, m'expliquait hier, juste avant le vernissage, que certains illustrateurs réalisent les décors et d'autres, les personnages. Chez Ubisoft, ils utilisent une technique mixte: à la main et par images de synthèse. Vive Photoshop!

Quelques illustrateurs se sont également rendus en Italie pour sentir les villes, prendre leur pouls, voir l'architecture, les monuments, entendre les bruits, plonger dans les odeurs, et c'est tout cela qui donne finalement un aspect plus réel à ce monde virtuel. Des équipes ont également visité le Moyen-Orient pour l'opus 1.

Ubisoft embauche 2100 employés, à Montréal seulement. La première version du jeu avait exigé quatre ans de préparation et un investissement de 75 millions. Ne pleurez pas trop sur ces millions, car chaque tome s'est vendu à 9 millions d'unités. Multipliez ce nombre par le prix d'un DVD (60 $) et vous aurez une bonne idée du pourquoi et du comment on en est rendu au 3e tome de cette série milliardaire qui aura sans doute une suite. Quel bonheur pour les fans!

Les Rizzuto des temps anciens


En discutant toujours avec l'illustrateur Olivier Martin, j'apprends, car je sais écouter parfois, que dans Assassin's Creed 3, Ezio, fils d'une famille noble de Florence, découvre un manuscrit lui révélant les noms des personnalités puissantes et corrompues de la Renaissance italienne, coupables de la mort des membres de sa famille. Épris de vengeance, Ezio se lance alors dans une quête solitaire pour assassiner les responsables de ce drame.

Le joueur se promène au temps de la Renaissance, à travers les rues et les ruelles de Rome, de Florence et de Venise et dans la peau du Maître assassin, qui s'est donné pour mission de trucider l'un des membres de la célèbre famille des Borgia, une sorte de clan Rizzuto des temps anciens.

Il peut aussi en occire plusieurs autres, s'il en a le temps et s'il a accumulé assez d'énergie. Dans le monde virtuel, on n'est pas à un meurtre près, sans compter que l'Assassin peut interagir avec les passants, prendre son temps et admirer les paysages. Pourquoi se priver lorsque c'est si bien fait qu'on croirait y être?

Des heures et des heures de plaisir, je vous dis, et ce n'est pas une figure de style puisque le joueur — dont la moyenne d'âge est de, tenez-vous bien, 35 ans! — peut y jouer durant plus de 15 heures! Ce qui laisse peu de temps à la lecture en ces temps de Salon du livre.

L'exposition se déroule jusqu'au 27 novembre. C'est court. Dépêchez-vous d'aller admirer le talent incroyable des Raphaël Lacoste, Maxime Desmettre, Donglu Yu, Vincent Gauthier et Gilles Beloeil, pour n'en nommer que quelques-uns.

Éditeur à mes heures, je me suis renseigné auprès d'Olivier Martin pour savoir s'il pouvait, par exemple, réaliser une couverture, lui qui rêvait dans une autre vie d'illustrer des livres pour la jeunesse. Malheureusement, la réponse est négative, car étant salariés, les employés ont un contrat d'exclusivité avec Ubisoft. Ce qui est heureux pour eux, mais bien malheureux pour les éditeurs... qui n'auraient sans doute pas les moyens de se payer une parcelle de leur immense talent.

Bon, je vous laisse, je retourne à l'exposition, c'est trop beau!

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