Festivals - Performeurs de tous les pays, unissez-vous!

La 16e Rencontre internationale d'art performance de Québec est à mi-parcours. Après une semaine consacrée aux performances latines, la Rencontre cède cette semaine la place aux Asiatiques. Performeurs de tous continents, unissez-vous!

«En 2006, explique le coordonnateur artistique de la Rencontre internationale d'art performance (RIAP), Richard Martel, j'avais fait venir des Argentins. Ils avaient tous utilisé la viande dans leur intervention, parce que leur pays est un gros producteur.» Comme les artistes n'étaient pas programmés le même soir, cette similarité n'a été remarquée que par les plus zélés des spectateurs. D'où l'idée d'offrir des soirées à thématique géographique pour découvrir, peut-être, «entre l'Asie et l'Amérique latine, où est-ce qu'on se situe, nous», précise Martel.

À mi-temps dans la programmation de deux semaines, le coordonnateur est forcé d'admettre que ce n'est pas si simple. Il risque tout de même quelques catégorisations. «Les Coréens font des trucs abordables, amusants, divertissants, presque du point de vue de l'enfant. Ils n'ont pas, comme les Européens, un contenu philosophique. Chez les Chinois, c'est une autre approche. C'est la photo de l'action qui se retrouve sur le marché de l'art» qui devient ainsi oeuvre, plutôt que la performance vivante en tant que telle.

La discussion de demain avec les artistes permettra justement d'expliquer les démarches, de désacraliser cette bête étrange qu'est la performance et de cerner les caractéristiques des propositions. Le dernier numéro de la revue Inter, art actuel nourrit aussi la réflexion, axée sur l'art action et la performance.

À la Rencontre, jusqu'à maintenant, c'est La Congelada de uva, du Mexique, qui remporte la palme de l'intervention la plus hard, selon Richard Martel. L'ex-mannequin, ex-présentatrice, s'est percée, à froid, avec des épines, autour du sexe, afin de suspendre des clochettes dans les plaies. «Plusieurs femmes sont sorties pendant la performance», souligne Martel. La Congelada, dans son argumentaire, expliquait qu'elle cherche ainsi à incarner «l'extrême de l'individualité: je peux faire ce que je veux de mon corps, et si je veux, je le mutile».

Et qui va voir ces étranges spectacles? Un peu plus de monde que lors de la dernière Rencontre, déjà, et un peu plus de jeunes, aussi. «La performance, avec les interventions sur le corps, semble bien correspondre aux mentalités du perçage et du tatouage», croit Martel.