Le photographe Michel Campeau expose aux Rencontres d'Arles

Paris — En quarante ans, les prestigieuses Rencontres d'Arles n'avaient apparemment jamais accueilli de photographes québécois. C'est maintenant chose faite grâce au Montréalais Michel Campeau, qui y présente sa série intitulée «La Chambre noire 2005-2009».

Programmée dans la section «Promenades argentiques» des Rencontres, cette exposition est décrite comme un des moments forts de la 41e édition du festival arlésien.

Pour ce travail mené sur quatre ans, Michel Campeau, né en 1948, a photographié à travers le monde d'«antiques» chambres noires, ultimes laboratoires argentiques, souvent bricolés, que le numérique condamne à la disparition.

Le Montréalais jette sur cette pratique artisanale de la photographie un regard à la fois poétique et mélancolique. Pour mettre en images cette chronique d'une mort annoncée, Campeau a utilisé un appareil numérique amateur, et non pas un matériel sophistiqué.

Dans une interview à la radio française, il a expliqué qu'il est arrivé à Arles un peu «par hasard». Le directeur des Rencontres, François Hébel, a vu son travail au Mois de la photo à Montréal et l'a invité à son festival.

«C'est une ouverture», a expliqué l'artiste, qui s'attend maintenant à voir ses photographies «exposées et diffusées en Europe».

Ce passage dans l'un des plus importants festivals de photo d'Europe connaît d'ailleurs ses premières retombées: le Centre photographique d'Île-de-France (la région parisienne) programmera bientôt l'exposition «La Chambre noire 2004-2009», apprend-on.

Il y a quelques semaines, Michel Campeau a remporté le Prix du duc et de la duchesse d'York décerné par le Conseil des arts du Canada. Il est aussi titulaire de la bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle, versée par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Le prix international de la photographie d'Higashikawa au Japon lui a également été octroyé.