Des artistes dénoncent le gel des acquisitions d'oeuvres d'Hydro-Québec

Le Regroupement des artistes en arts visuels (RAAV) dénonce la décision d'Hydro-Québec (HQ) de suspendre ses acquisitions d'œuvres d'art pour un temps indéterminé. Il réclame l'intervention de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, en faveur des artistes, tant auprès de HQ que de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui a récemment sabré ses budgets d'acquisition d'estampes.

L'association, qui représente environ 3500 artistes, qualifie ces gestes de «mesures à courte vue qui pénalisent inutilement tout un milieu artistique et le public québécois», selon un communiqué diffusé cette semaine. Du coup, les collections publiques s'appauvrissent.

Le RAAV déplore que la révision des dépenses à la baisse, légitimement demandée par le gouvernement à ses sociétés d'État, se fasse «sur le dos des artistes, qui sont parmi les plus mal pris de la société québécoise», affirme sa présidente, Lise Létourneau.

«On a très peu de sièges sociaux à Montréal, toutes les décisions [sont] prises à Toronto, alors si ceux qui restent ne font plus d'acquisitions, ce sont les artistes locaux qui écopent», renchérit Réal Olivier Lanthier, président de l'Association des galeries d'art contemporain (AGAC), en rappelant que les artistes figurent parmi les plus touchés par la crise.

Autre écho, Robert Hébert, commissaire d'expositions photographiques, trouve le geste de la société d'État «d'autant plus attristant qu'Hydro-Québec était une des rares corporations québécoises à acheter des photographies», écrit-il dans le Bulletin des photographes internautes du Québec.

Le Devoir révélait lundi qu'Hydro-Québec mettait son fonds d'acquisition en veilleuse jusqu'à la fin de l'examen budgétaire réclamé par Québec. Le fonds, actif depuis les années 1960, s'élevait à 200 000 $, ce qui comprend les sommes allouées à la restauration des oeuvres. Les quelque 1000 pièces de la collection décorent les bureaux de HQ et sont parfois prêtées à des institutions muséales.